Jeudi 24 février 2011. Mirebeau. Sur le Quai d'Orsay, et sur Nicolas Sarkozy.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

A croire qu'il existe toujours un bout de Quai d'Orsay -avant que M. Sarkozy ne le déménage à la périphérie de Paris. Dans une tribune publiée avant-hier par Le Monde, une cohorte de diplomates anonymes regrettent l'impuissance de la France face aux crises africaines et arabes, à l'émergence de la Chine, à l'échec de l'Union pour la Méditerranée, à l'indifférence américaine malgré le retour dans le giron de l'Otan, aux fiascos à répétition dans la vente des Rafale et du nucléaire français, à la faiblesse politique de l'Europe, etc. "L'Europe est impuissante, l'Afrique nous échappe, la Méditerranée nous boude, la Chine nous dompte et Washington nous ignore (…) La voix de la France a disparu. Notre suivisme à l'égard des Etats-Unis déroute beaucoup de nos partenaires (...) Notre politique étrangère est placée sous le signe de l'improvisation et d'impulsions successives" poursuivent-ils, regrettant aussi que le gouvernement et l'Elysée négligent l'Afrique francophone. Tout n'est donc pas perdu, si même le Quai ne l'est pas….

Il se passe avec les diplomates ce qui se passe avec d'autres grands corps de l'Etat, une exaspération croissante face à la façon dont gouverne l'actuel et supposé Président de la République. Pourtant, à celui-ci, il n'y a pas grand chose à reprocher; simplement, il ne sait pas ce que signifie le mot Etat, ni ce qu'est la France, encore moins ce que peut vouloir dire "la politique de la France" -à quoi s'ajoute qu'il n'est pas toujours très francophone. C'est un homme à part; tellement à part qu'on ne voit pas très bien ce qu'il fait là où il est. Mis en place par les réseaux mondiaux les plus influents (en fait, un réseau d'oligarchies politiques, industrielles et financières plus étroitement connectées qu'elles ne le donnent à voir), M. Sarkozy n'était guère capable de prendre en main les affaires de la France. Le fait est qu'il n'a pas appris grand chose : entre le fameux "Carla et moi, c'est du sérieux" et le récent  "je suis venu avec le Papa et la Maman de Florence" (Cassez, affaire où son savoir-faire s'illustra…) on n'aperçoit nul signe de maturation. Rien de cela  n'est pas vraiment de sa faute : il était fait pour faire de la politique, pas pour gouverner un grand Etat. Si un enfant de dix ans, au volant d'un bolide, sort de la route et provoque un accident, il ne faut pas tant incriminer l'enfant maladroit que ceux qui lui ont donné un volant.

Publié dans Extraits du journal

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