Vendredi 14 octobre 2011

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Le ministre de l'intérieur, qui entreprend (une fois encore), de faire vérifier que  les candidats à la naturalisation parlent français, a tout à coup l'air de s'indigner que "plus d'un million d'étrangers résidant sur notre territoire ne parlent pas du tout notre langue". Il s'en compte sans doute bien davantage qui la parlent si mal qu'ils sont incapables de tenir une conversation, serait-ce seulement de comprendre ce qui se dit autour d'eux -hors minimum requis par l'insertion dans le commerce… Plus encore si l'on compte les plus clandestins des clandestins, la foule d'Anglais et autres Européens qui résident sur notre territoire pour accéder aux nombreux avantages qu'offre la France, RMI compris -beaucoup d'entre eux se dispensant de parler français… M. Guéant, donc, s'inquiète; voilà dix ans qu'il aurait dû s'en inquiéter, auprès de son compère M. Sarkozy, la chose étant en son pouvoir depuis lors: et voilà trente ans qu'il aurait fallu poser la question.

Les journalistes tournent autour de moi, ces jours-ci, sur la question de l'immigration, qu'ils posent sans cesse en termes théologiques -la religion de référence étant bien entendu l'antiracisme obsessionnel. Or, tous les sujets liés à l'immigration (mis à part la question "cratylienne" justement), appellent une réponse politique de simple bon sens, de "bonne police", ou de bonne gestion

La langue justement, ressort au bon sens : il est établi que la France n'est pas une race, ni une religion, mais une continuité politique et  culturelle. La langue et les principes ou valeurs qu'elle porte en est le socle : il faut donc se montrer extrêmement sévère sur le sujet, et instaurer un examen d'entrée dans la nationalité au moins aussi exigeant que celui qu'impose le Gouvernement britannique aux impétrants.

Bonne police ensuite : quoi de plus normal qu'un Etat entende reconduire aux frontières des clandestins -qui sont entrés ou restés  en France en violation de la loi ? Or, les lois qui encadrent ces reconduites sont bien trop compliquées; et rien n'est plus simple que d'alléger les procédures, quitte, plutôt que de les craindre et de chercher à les contourner à mettre les différents, à mettre l'autorité judiciaire" devant ses responsabilités -et à mettre de côté, bien entendu, les juridictions supranationales, à cause desquelles il n'est aujourd'hui pas plus facile de faire la loi que de l'appliquer …

Bonne gestion enfin, car il n'est rien de plus naturel qu'une association, une communauté, une nation fasse bénéficier ses  membres de droits attachés à la nationalité : le droit français est un ensemble de lois qui ne valent pas pour la terre entière, mais pour les Français. Si c'est ce que l'on nomme la "préférence nationale",  elle me semble s'imposer à tout gouvernement -et appliquée par à peu près tous les gouvernements de la terre, d'ailleurs…

Quant au contrôle des frontières, il incombe naturellement à tout gouvernement qui en est un -à moins de considérer que la planète vit sans gouvernement, ou bien un unique, et qu'il n'existe que des citoyens du monde, ce qui n'est pas seulement la fin de notre civilisation mais de toutes- la purée de marrons, l'anarchie et la jungle assurées…

Bon gouvernement, bonne gestion, bonne police, bon sens, c'est tout ce qui doit inspirer une politique de l'immigration, à quoi je ne vois rien de scandaleux; la plupart de ces  règles sont d'ailleurs préconisées dans les divers ouvrages de l'ami Maxime Tandonnet, excellent patriote qui est aussi conseiller à l'Elysée… Et, s'il s'agit de s'insurger, on trouverait meilleure matière à la nouvelle politique de la Grande-Bretagne, dont le Premier ministre Cameron estimait voici quelques jours qu'elle devait inclure des procédures de délation "comme tous les clandestins ou les fraudeurs que rencontreraient les sujets de Sa Majesté".  Nous sommes, nous autres, bien modérés…
 
                

Publié dans Extraits du journal

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