Dimanche de Pâques 2010 ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Après la triste semaine, le beau temps éclate de toutes parts. Comme d’habitude, résurrection du monde. Au soleil, le chat roux court sur la pelouse ; il saute dès qu’il approche d’un oiseau, lequel s ‘envole sans se presser.

La bonne parole de Pâques vient, une fois encore de « Maison d’étude », l’émission juive de Victor Malka, aujourd’hui consacrée à Jésus vu par les historiens juifs : son invité affirme, peut-être un peu vite, que la religion chrétienne est l’une des rares religions se réclamant d’un prophète qui ne lui appartient pas, puisque Jésus, ajoute-t-il est juif mais pas chrétien. Jusqu’à la résurrection c’est vrai. Mais, après, Jésus dit : « tu es Pierre et sur cette Pierre, je veux fonder mon église » : c’est à partir de la résurrection que nait une nouvelle foi, la foi du Christ. Pour les juifs qui ne la reconnaissent pas, il est normal que Jésus reste l’un des leurs : ce lien entre les deux religions est puissant.

Plus intéressant encore : il remarque que Jésus, comme la plupart de ses apôtres, était un Galiléen » ; or, les Galiléens pour les Hébreux, et surtout les Judéens étaient des hommes de la terre, des agricoles, des « gens simples » -ploucs en somme, comme les poitevins aux yeux des parisiens. Il est en effet remarquable  que la plupart des images ou paraboles qu’utilise Jésus soient empreints d’une culture rustique –bien trop rustique, trop populaire, trop proche de la nature aux yeux des doctes de Jérusalem. De là, longue suite de méditations en regardant le jardin... 

A la messe de Mirebeau, tout à l’heure, l’assistance était plus nombreuse que d’habitude ; l’ignominie des attaques contre Rome et le Pape vont-ils provoquer quelque réaction, même silencieuse, par la simple assiduité aux messes, du peuple chrétien ? Tout renait,  c’est aussi le sens de Pâques…

Mirebeau dans une lumière toute neuve ; sur ce jardin où s’installent les couleurs, on n’imagine plus qu’un si dur hiver a régné des mois durant ; la vie ne perd jamais aucune partie…

Publié dans Extraits du journal

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