Lundi 5 avril 2010 ; Mirebeau

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Hier soir à Saint Maixent pour le rite annuel de « Bach à Pâques » ; en route, passons prendre J-L. M. dans son admirable manoir de Parthenay, encombré d’animaux, de vieilles pierres, de bassins et de fontaines miraculeuses.
Le succès de ce festival va croissant, signe de la bachophilie de l’époque, et d’une certaine nostalgie pour l’Europe classique, que l’Europe moderne fait légèrement oublier…. On vient de loin d’ailleurs, pour écouter Bach quatre jours durant à Saint-Maixent :  nos voisins avaient fait route depuis Versailles pour assister au programme intégral – « c’est notre cinquième concert », me dit la dame, toute enivrée de baroque, qui est en effet un transport, un travail sur l’âme ; venez demain, ce sera magnifique ! ». C’était suffisamment magnifique pour que deux heures de laudations nous grisent : Magnificat de Zélinka, un peu convenu ; concerto pour trois hautbois de Telemann, nettement plus enthousiasmant ; de Bach, le motet BWV 225, très écrit, et pour lequel Mozart fit le voyage de Berlin en 1789 ; enfin la cantate BWV147, la « Que ma joie demeure », beaucoup plus riche et exaltante que je ne m’y attendais… Gilles Cantagrel, ouvrant le concert comme à l’accoutumée (quel bonhomme !), nous apprend que le titre courant de ladite cantate résulte d’une mauvaise traduction, et qu’il faudrait comprendre : « C’est en Jésus seul que demeure la joie ». Le sens devient un peu plus exigeant, et c’est pourquoi, sans doute, lui fut préféré une plus banale prière du genre : « Père, gardez moi heureux… ». Oui, il est plus difficile de penser qu’il n’y a de joie qu’en Jésus ; n’empêche : au retour, quand les phares éclairent les voutes d’arbres, les champs, les haies au long de la petite route, j’ai espéré moi aussi que la joie d’un soir demeure toujours, qu’une joie qui s’est un jour installée dans le coeur ne s’en laisse plus jamais chasser…
 Minuit, retour de la gare. Vu tout à l’heure sur internet, grâce à un ami qui « m’envoie le lien », un extrait de l’émission de Mireille Dumas au cours de laquelle le fidèle Henri Tisot déclare, avec sa verve habituelle, qu’il faut tout uniment sortir de l’Union européenne.

 

 

Pour l’avoir reçu deux fois ces derniers mois sur Radio Courtoisie, et l’avoir chaque fois « branché sur le sujet », je connais son argumentaire, qu’il n’a pu qu’esquisser à la télévision ; dommage, il est excellent et simple : cette machine nous coûte (de différentes façons, et pas seulement financière), bien davantage qu’elle ne rapporte : c’est d’une limpidité d’eau de source et je gage que l’idée s’installera peu à peu. Quand le RIF a lancé au début de cette année une campagne sur le thème : « Sortir de l’Union européenne », je me demandais comment serait perçu une si radicale position – et me le demandais d’autant plus qu’elle suscitait quelques réserves dans nos propres rangs. Or, partout l’accueil est bon : chacun a sa raison – beaucoup remarquent que, depuis le référendum de 2005 bafoué par la supercherie de Lisbonne, la preuve est faite que l’entreprise est imperméable à toute idée de démocratie, coupée de tout lien avec les peuples, et incapable de se réformer. J’aimerais faire campagne sur ce sujet lors des prochaines européennes, si l’on est débarrassé des équivoques à la Declan Ganley, et prouver que toutes nos arguties sur l’aménagement du piège dit « européen » n’ont fait que dérouter les Français ; rien ne parle mieux que l’impératif de liberté nationale : libérons l’Etat des carcans supranationaux, que le peuple Français soit seul responsable de l’avenir de la France. En attendant, la bataille du RIF se poursuit, et le camarade Tisot est nommé membre d’honneur du parti.

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