Le dernier for...
Je vous prie de me croire, chers lecteurs, votre bien dévoué, Paul-Marie Coûteaux.
Je vous prie de me croire, chers lecteurs, votre bien dévoué, Paul-Marie Coûteaux.
A partir de cette semaine et pour trois saisons, for interieur se double d'un "bloc-notes de campagne" que vous pourrez désormais suivre su le blog www.paulmariecouteaux.blogspot.com - Journal de campagne, journal d'une bataille à suivre au fil des jours...
Primaires, suite et fin. Il y aurait de quoi se mettre en colère devant pareille imposture : ce sont en fait des élections privées, dont l'esprit paraît fort éloigné des institutions de la
Vème République : l'impression est partout donnée que l'élection présidentielle est affaire de partis, ce quelle n'est justement pas; mais d'un homme et d'une femme qui, avec un projet
d'ensemble, une incarnation, une équipe, se présente au peuple français dans son entier. Ces jours-ci, après les épisodes de cohabitation, le quinquennat, et le niveau où l'actuel président de la
république a rabaissé sa fonction, ne serait-ce que par le fait de sa personne, c'est encore un peu de l'esprit de la Vème République qui s'évapore…
Viens d'ailleurs d'envoyer sur ce sujet le communiqué suivant :
"Les primaires du parti socialiste ont révélé la sclérose de notre système politique et l'abandon de l'esprit même de nos institutions.
D'une part, un taux de participation prometteur en dit long sur l'impatience des Français à faire entendre leur voix, et leur exaspération devant le continuel dénis de démocratie. Au
crépuscule d'une présidence qui fut la seule, avec celle de V. Giscard d'Estaing, à ne pas juger bon de recourir au référendum, élément essentiel de notre démocratie dont il faudrait au contraire
élargir l'usage, et après la gifle que M. Sarkozy a infligée à notre peuple en biffant à Lisbonne le non des français lors du referendum de 2005, les Français veulent enfin pouvoir s'exprimer.
Pour le faire, beaucoup d'électeurs qui ne sont pas socialistes ont saisi l'occasion de cette consultation -y compris parmi ceux qui s'apprêtent à voter pour Marine le Pen, notamment des
souverainistes et des gaullistes séduits par la modernité des thèmes soulevés par Arnaud Montebourg.
D'autre part, l'écho qu'a reçu ce succédané de démocratie témoigne d'une déliquescence générale des principes républicains les mieux assurés. L'ouverture de mairies et de bâtiments publics au
bénéfice d'élections privées a nié le principe de neutralité du service public, neutralité également oubliée par les grands médias complaisants ou complices d'une captation de l'opinion au
bénéfice d'un parti, d'autant plus scandaleuse que, dans le même temps, des candidats déclarés, grands ou petits, sont pratiquement exclus des grands organes d'expression et d'information.
Nié aussi le principe de citoyenneté, quand il suffit d'exhiber sa carte du PS pour voter avant l'age légal, ou sans avoir la nationalité française à laquelle la citoyenneté reste et doit rester
attachée. Nié l'esprit de nos institutions, dont le Général de Gaulle a voulu qu'elles fussent dégagées du système partisan, quand tout est fait pour donner à entendre que l'élection
présidentielle est un concours entre partis.
Seule Marine le Pen, en élargissant sans cesse le rassemblent des Français sur l'unique souci de la France, en répétant qu'elle n'est pas candidate du Front national mais soutenue par lui
comme par d'autres, en se présentant au suffrage des Français en femme indépendante de toute oligarchie, reste authentiquement fidèle à l'esprit d'une l'élection suprême qui justement devra
rétablir l'indépendance de la nation en même temps que l'autorité, la neutralité et l'impartialité de l'Etat."
Rompre en visière, disaient les chevaliers du Moyen-Age…
Le ministre de l'intérieur, qui entreprend (une fois encore), de faire vérifier que les candidats à la naturalisation parlent français, a tout à coup l'air de s'indigner que "plus d'un
million d'étrangers résidant sur notre territoire ne parlent pas du tout notre langue". Il s'en compte sans doute bien davantage qui la parlent si mal qu'ils sont incapables de tenir une
conversation, serait-ce seulement de comprendre ce qui se dit autour d'eux -hors minimum requis par l'insertion dans le commerce… Plus encore si l'on compte les plus clandestins des clandestins,
la foule d'Anglais et autres Européens qui résident sur notre territoire pour accéder aux nombreux avantages qu'offre la France, RMI compris -beaucoup d'entre eux se dispensant de parler
français… M. Guéant, donc, s'inquiète; voilà dix ans qu'il aurait dû s'en inquiéter, auprès de son compère M. Sarkozy, la chose étant en son pouvoir depuis lors: et voilà trente ans qu'il aurait
fallu poser la question.
Les journalistes tournent autour de moi, ces jours-ci, sur la question de l'immigration, qu'ils posent sans cesse en termes théologiques -la religion de référence étant bien entendu l'antiracisme
obsessionnel. Or, tous les sujets liés à l'immigration (mis à part la question "cratylienne" justement), appellent une réponse politique de simple bon sens, de "bonne police", ou de bonne
gestion
La langue justement, ressort au bon sens : il est établi que la France n'est pas une race, ni une religion, mais une continuité politique et culturelle. La langue et les principes ou
valeurs qu'elle porte en est le socle : il faut donc se montrer extrêmement sévère sur le sujet, et instaurer un examen d'entrée dans la nationalité au moins aussi exigeant que celui qu'impose le
Gouvernement britannique aux impétrants.
Bonne police ensuite : quoi de plus normal qu'un Etat entende reconduire aux frontières des clandestins -qui sont entrés ou restés en France en violation de la loi ? Or, les lois qui
encadrent ces reconduites sont bien trop compliquées; et rien n'est plus simple que d'alléger les procédures, quitte, plutôt que de les craindre et de chercher à les contourner à mettre les
différents, à mettre l'autorité judiciaire" devant ses responsabilités -et à mettre de côté, bien entendu, les juridictions supranationales, à cause desquelles il n'est aujourd'hui pas plus
facile de faire la loi que de l'appliquer …
Bonne gestion enfin, car il n'est rien de plus naturel qu'une association, une communauté, une nation fasse bénéficier ses membres de droits attachés à la nationalité : le droit français
est un ensemble de lois qui ne valent pas pour la terre entière, mais pour les Français. Si c'est ce que l'on nomme la "préférence nationale", elle me semble s'imposer à tout gouvernement
-et appliquée par à peu près tous les gouvernements de la terre, d'ailleurs…
Quant au contrôle des frontières, il incombe naturellement à tout gouvernement qui en est un -à moins de considérer que la planète vit sans gouvernement, ou bien un unique, et qu'il n'existe que
des citoyens du monde, ce qui n'est pas seulement la fin de notre civilisation mais de toutes- la purée de marrons, l'anarchie et la jungle assurées…
Bon gouvernement, bonne gestion, bonne police, bon sens, c'est tout ce qui doit inspirer une politique de l'immigration, à quoi je ne vois rien de scandaleux; la plupart de ces règles sont
d'ailleurs préconisées dans les divers ouvrages de l'ami Maxime Tandonnet, excellent patriote qui est aussi conseiller à l'Elysée… Et, s'il s'agit de s'insurger, on trouverait meilleure matière à
la nouvelle politique de la Grande-Bretagne, dont le Premier ministre Cameron estimait voici quelques jours qu'elle devait inclure des procédures de délation "comme tous les clandestins ou les
fraudeurs que rencontreraient les sujets de Sa Majesté". Nous sommes, nous autres, bien modérés…
Cette nuit, pleine lune, que le brouillard et la nuit ont fini par noyer. Relu ce matin, pour un article de Valeurs Actuelles que je veux consacrer à la "nature des choses", le "Cratyle" de
Platon -décidément époustouflant d'actualité, comme on dit.
A propos des primaires, j'invoquais l'autre jour la neutralité du service public, et les mairies curieusement ouvertes pour ce qui est bel et bien des élections privées. Mais il en va de même
pour le service public de la radio et de la télévision, soumis lui aussi au principe de neutralité, ou du moins de l'équilibre entre les courants d'opinion. Or, ce soir, nouveau débat entre les
"candidats du PS" , cela à une heure de grande écoute; je l'écoute d'ailleurs d'une oreille tandis que j'écris ces lignes, et suis accablé par le bas niveau de préoccupations des "impétrants",
comme dit le sémillant Montebourg. Ce Montebourg paraît avoir bien plus d'envergure que les autres : il fut bien le seul, à poser les véritables questions du jour, un peu comme nous les posons
nous-mêmes - protectionnisme, contrôle des oligarchies financières, primat du politique. Certes, il lui manque le point de départ : rien de cela n'est possible dans l'actuelle UE ; c'est une
Europe toute nouvelle que suppose ce vaste et salutaire programme. Pour l'heure, il a joliment renouvelé le débat et je crois bien que certains de ses électeurs, à l'instar de nombreux fidèles de
Jean-Pierre Chevènement, pourraient bien venir vers nous un jour ou l'autre… Hélas, les uns et les autres, bien isolés "à gauche", sont de maigre volume…
Reste que la mobilisation des organes d'infirmation et d'expression au dévoué service des "primaires socialistes" est stupéfiante; "Le hold up médiatique du siècle", lance le publicitaire
Séguéla, qui connaît son monde.
Hier, "soirée électorale" -ainsi la nomme la télévision, plus personne n'ayant l'air de se rendre compte qu'il s'agit d'une élection privée… Soirée par ailleurs désarmante : M. Hollande,
parce qu'il a fait un bon résultat, prononce un discours à la Hollande, plat à souhait, après quoi "la mère de ses enfants" pleure parce qu'elle en a fait un mauvais ( il faut dire que 180 000
voix sur 48 millions d'électeurs inscrits, c'est mince); puis M. Valls monte en scène et prétend, parce qu'il a perdu, qu'il "n'y a ce soir que des vainqueurs", tandis que M. Montebourg
prend des airs de matamore parce qu'il en a obtenu 17% de ce bocal, soit 385 000 voix -rien de renversant. On se désole que cette cour de récréation mobilise tant de monde, donnant fâcheusement à
entendre que la présidentielle est affaire de partis, alors qu'elle fut justement conçue par le Général de Gaulle pour ne pas l'être. Résonne au dessus de tout cela, très au dessus hélas, un
grand absent, l'intérêt de la France, et le souci que ces pâles acteurs et ces mornes commentateurs devraient de temps en temps en avoir…
Fus un peu étonné, tout à l'heure, lors de ma vespérale promenade à bicyclette, en apercevant la Mairie ouverte : elle l'est au service, du moins au bénéfice d'un parti politique, le Parti
Socialiste, qui organise ses "primaires citoyennes". Est-ce bien conforme au service public, lequel est soumis à la règle de neutralité, comme l'Etat l'est à la règle d'impartialité ? Je me le
demande, et me demande aussi pourquoi personne ne se le demande plus…
Quant au résultat, chacun semble s'esbaudir du "taux de participation", soit plus de deux millions, ce qui n'est pas mal du tout. Succès certes relatif : 4% des inscrits, si c'est cela le
"peuple de gauche", il faudrait croire que la gauche a perdu le peuple…
Mais ces hommes et ces femmes qui se sont déplacés témoignent d'un beau désir de "participer" -un certain appétit de démocratie qui augure bien d'une large participation lors de la véritable
élection, celle d'avril. Je suis persuadé que, si les Français se déplacent alors en bon nombre, ce sera pour écarter les médecins impuissants, et la sombre équipe qui n'occupe le pouvoir d'Etat
qu'aux fins de jouir de ses hochets dorés, en distribuant des pans entiers de tous côtés, à Francfort, à Bruxelles, à Luxembourg ou Washington, quand ce n'est pas à des associations et autres
féodalités intérieures, modernes Etienne Marcel comme toujours alléchées par le cadavre de la souveraineté nationale. L'exercer, le Pouvoir, ils se sont débrouillés pour rendre la chose
impossible : sans doute cette responsabilité leur donneraient-elle mal à la tête -je veux bien croire qu'il n'est pas simple de gouverner la France, quand on ne la connaît pas. Mais le peuple,
lui en a besoin; et je ne doute pas qu'il le fasse entendre en masse au fil du prochain Printemps.
Conférence de presse de Marine Le Pen, qui présente les membres de son équipe de campagne. Beaucoup de monde -notamment de membres du RIF (dont j'ai préféré quitter la présidence, afin de mieux
me dégager des batailles de second ordre, mais qui reste mon campement, et dont je reste membre et militant avec, en tant que président-fondateur, voix au chapitre). Les chapelles fédératrices
poussent d'ailleurs comme des champignons, chacune assurant détenir la vraie croix -cela dépend des ardeurs téléphoniques et courrielisantes des fédérateurs en herbe. Pour moi, il me faut à
présent voir plus large.
Plonger solitaire dans la grande bataille m'exalte : je vois la France comme un malade qui hésite à se soigner, devinant que la cure sera douloureuse et la médication dure à supporter -cependant,
s'il diffère trop longtemps, il souffrira davantage encore, et pourrait bien mourir dans d'affreuses convulsions. Tout notre travail va consister à le pousser au courage, et consentir aux
remèdes. Pour cela, ne plus barguigner, donner toutes ses forces à la bataille -si nous la perdons, nous pourrions bien, hélas, ne plus nous battre un jour que pour des ruines. (M-F G. me disait
l'autre jour au téléphone que, les exploitants agricoles qui sont autour d'elle, et elle-même qui cultive des étendues de noyers, ont tant de tracas et si peu de revenus qu'ils renoncent l'un
après l'autre, et laissent s'étendre les friches : viendra le jour où n'existera plus de véritable agriculture française. "Comme on n'aura plus d'industrie non plus, restera le tourisme..",
conclut-elle; après un heure de conversation de cette eau, j'ai raccroché épouvanté). Plus qu'une chose à faire : soit désespérer, soit foncer - "rompre en visière"…
erai donc l'un des porte-parole de la campagne de Marine Le Pen, ce que j'ai appris aujourd'hui -surprise, plutôt bonne, dont je ne me doutais pas ce matin encore. Du coup, si ce que
j'écris sur ces pages n'engageait jusqu'à présent que moi, il n'en ira plus ainsi à partir de demain… S'ouvre donc ici une autre forme de journal, dont le ton sera, pendant plusieurs mois,
nécessairement changé.
Sur le Poitou, très beau temps. Ce matin, dans une lumière qui n'appartient qu'au matin, quatuor à cordes en fa majeur de Maurice Ravel, si bien s'accordé à l'étonnante lumière répandue sur les
pierres, les arbres déclinants et leurs feuilles rouges, ocres ou brunes. Bonnes heures d'absolue réclusion. Mise à part Paulette pour le traditionnel quart d'heure vespéral, je n'ai vu
aujourd'hui personne -enfin !
Replongé conséquemment dans "Puisque tout recommence toujours" - titre possible du de Gaulle II ; écris un passage assez carré sur son attrait pour les choses de la guerre, dont, après les Grecs
et les Romains, il répète, à tous les ages de sa vie, que tout procède. Au fond, le Général de Gaulle fut trois choses : une extraordinaire capacité à souffrir et à se discipliner face aux
souffrances; ensuite, une phénoménale mémoire; enfin, un aristocrate qui n'est jamais descendu de son cheval -et jamais cessé de faire la guerre : quand il cessa, en 1969, il mourut.
Houles du bocal souverainiste suite -c'est d'ailleurs sans fin ; j'ai vu chuter MM Séguin, Pasqua, Chevènement, Villiers etc, toujours pour la même raison : personne n'est sorti de son bocal,
parti ou autre… Attendons l'événement dont tout dépend. Songe à Chateaubriand et sa célèbre: " Je n'aspire plus qu'à entrer dans ma solitude, et j'incline vers la campagne, non pour la campagne,
mais pour la solitude".
(Heureux homme qui ignorait le téléphone et le fatras bavard des courriels!)
Tout est simple, disais-je, sauf la kyrielle des souverainistes dispersés -et certes ils le sont, sans pour autant être divisés, chacun répétant les mêmes choses. On parle partis, mouvements,
appareils de tout acabit, et les parlottes n'en finissent plus.
L'enjeu est d'ailleurs élémentaire : assurer la victoire de Marine le Pen aux présidentielles et, ceci fait, trouver quelques dizaines de bons candidats, solides et loyaux, pour donner à la
dynamique qu'elle lance dans le pays, lors des législatives qui suivent, la majorité nécessaire pour gouverner -ou du moins, si la victoire n'est pas pour cette fois-ci, structurer la nouvelle
opposition, la seule véritable qui se puisse opposer au système en déliquescence. Et le faire de façon assez large pour assurer une majorité nationale, en formant toujours plus de cadres et
maillant opiniâtrement le territoire national de nationaux fidèles à la Patrie. Le RIF est l'un des petits soldats de cette alliance à venir, mais il n'est pas le seul : tout le monde a sa place,
chacun peut travailler avec les autres. Limpide à dire, moins à faire, et je sais bien qu'il y faudra l'habituel secours qui seul rend possible l'action politique, une incarnation… Pour tout
dire, à part Nicolas Dupont Aignan, qui rechigne encore, je ne vois pas grand monde…
Euro, budgets, économies, tout sombre… Collapsus mondial ? Non, seulement des nations européennes…
Au fond, le tableau est simple : après la grande guerre 14-45, deux ou trois générations d'Européens ont cru les nations dépassées, au point que leurs différences ne comptaient pour rien : les
peuples et leurs traditions, les langues, les principes religieux, moraux ou politiques, rien ne comptait, tout cela était dépassé, caduc : selon le crédo de la bande européo mondialiste, il
était tout à fait naturel d'imposer aux nations le règle mondiale, l'unique, marché unique, langue unique, lois uniques, monnaie unique - que ces nations soient aussi différentes que l'Irlande ou
la Hongrie, l'Allemagne ou la Grèce, cela n'avait plus aucune importance. L'échec de l'euro est le premier signe de cette monumentale et criminelle erreur -criminelle car c'est
ignorer la politique que d'ignorer nations et peuples, tissus même de l'Humanité. En quoi la vertigineuse spirale boursière et la dépression économique ne sont pas, comme dit l'excellent Mascré,
une crise du crédit mais du credo. Au chapitre des erreurs historiques celle-ci est assez spectaculaire : c'est le logiciel supranational qui sombre…