Dimanche 23 février. Aperçu du multiculturalisme québécois.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Mirebeau. Impossible de lire toutes les lettres, de lire toutes les revues, de lire tous les courriels que je reçois sans trêve, dans la masse desquels je ne peux plus que picorer au petit bonheur.

 

J'ai au moins lu, hier au soir, sur internet, la série d'articles que m'adresse mon nouveau correspondant québécois, Mathieu Bock-Coté. Tous articles passionnants, d'autant qu'ils présentent une forme radicalisée de nos dérives, que Bock-Coté analyse avec la simplicité du scalpel. Une de ses chroniques des "24h de Montréal" commente une décision du tribunal québécois dit "des droits de la personne", qui vient d’ordonner à la Municipalité de Saguenay de retirer le crucifix de son hôtel de ville (notons que la décision de la municipalité de maintenir ladite croix n'est contraire à nulle loi québécoise, ni canadienne). Mais l'essentiel n'est pas là : le jugement a accordé au plaignant, qui se définit comme "musulman", 30 000 dollars à titre de dommages. "Le chantage victimaire est payant, écrit Bock-Coté. Il ne faut pas se surprendre qu’un nombre croissant de gens se plaignent de discrimination. On devrait appeler cela un délire idéologique publiquement encouragé (…) En fait, ce jugement confirme le pouvoir du Tribunal des droits de la personne, et de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) qui l’accompagne. La CDPDJ représente le centre névralgique de la philosophie de l’accommodement raisonnable et sert de relais bureaucratique aux lobbys victimaires. Dès qu’une norme collective ne s’accorde pas à une revendication minoritaire, la CDPDJ hurle à la discrimination". En fait le sujet, ici, n'est pas la laïcité : on retire la croix, soit. Mais l'idée qu'un citoyen s'estime victime à la simple vue d'une croix dans l'espace public au point d'en être indemnisé va assez loin, et montre la déraison des "accomodements raisonnables" dans lesquels s'empêtre la société québécoise. Ou bien toute personne qui entend sonner des cloches, ou habite une rue où prient des musulmans, pourra demander une indemnité…

Publié dans Extraits du journal

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