Vendredi 28 mai 2010 ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Embellie du ciel; forces lectures sur la terrasse (le de Gaulle de Jean-Luc Barré, Proust, Yourcenar). Devant moi, dans l'herbe parsemée de pâquerettes tardives, les deux chats s'observent, puis se jettent l'un sur l'autre, ne faisant plus qu'une boule curieuse, qui se fait et se défait; vont-ils finir par se battre pour de bon?  Mais tout à coup, voici qu'ils se lèchent l'un l'autre, à tour de rôle…

 

Téléphoné à Philippe Maxence, sans doute l'un des meilleurs connaisseurs de Chesterton en France au sujet de sa fameuse phrase sur les idées modernes devenues folles; je voulais la phrase exacte : la voici, encore plus instructive que je croyais : " Depuis que l'ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude." G.K. Chesterton, Orthodoxie, chapitre III (Le suicide de la pensée), Idées/Gallimard, 1984, traduction Anne Joba, p. 43.

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