Bonheur de la route; démission de Philippe de Villiers; le personnage; la droite, recomposition en vue.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

La journée avait bien commencé hier, après une nuit à la Chapelle-Baloue - une fois encore touché par l'adorable Saint-Robert, levé dès potron minet pour acheter des croissants… J'ai repris la route assez tôt, avide de paysages, de villages et, tout simplement de routes et de routes. Longue halte casse-croûte à Saint Benoît du Sault, décidément  un très beau village - que de merveilles inconnues dans ces confins perdus de l'Indre, de la Creuse et de la Vienne; mais voilà que vers midi, passant la Creuse sur le pont du Blanc pour rejoindre Fontgombault, la radio annonce que Philippe de Villiers  a quitté la présidence du Conseil général de Vendée. Du coup, bien qu'arrivé à temps pour Sexte, je ne parviens à aucun moment à prier, m'en remettant à la beauté du lieu, des chants, des gestes : en réalité, tout au long de l'office, et quand les moines me retiennent ensuite à déjeuner et que nous communions en silence, je pense à Villiers, à cet étrange destin inachevé, et par lui, à ce qui va arriver, à la lente modification des lignes politiques - à la politique encore et encore, et si peu au ciel.

 

Cette démission ne m'étonne pas ; non que je doutasse de son assurance, quand il parlait de son Conseil général et se disait sûr de le "tenir" - un homme qui a tant fait pour un département qui fut sa "passion prédominante" comme dit Léporello, comment pourrait-on l'abandonner, et le trahir ? Mais  je devinais depuis des années, depuis son échec lors des présidentielles de 2007, que la lassitude l'emporterait bientôt, quand lui manque tant, ces temps-ci, un élan, un horizon large, à sa mesure : il est sans doute l'un des hommes politiques les plus capables de vie intérieure que je connaisse, et cet appel intérieur est le plus fort, quand les autres se dérobent. Il aime lire, il aime ses terres et ses rêves, il est trop capable de recul, trop plein de poésie,  tel que je 'lai toujours vu pour s'accrocher, quand les minuscules se liguent.

 

Mais il y a  aussi ceci : Philippe de Villiers paie aujourd'hui trois grands erreurs : l'une fut commise en 2005, une autre en 2007, une troisième en 2008 - trois erreurs qui ne sont qu'une, sa terrible incapacité à rester politiquement soi-même, incarnant imperturbablement l'essentiel, sur quoi réunir toutes les droites nationales (dont la gauche républicaine), et rappelant sans faiblir les fondamentaux politiques français (Etat, nation, Civilisation, légitimité, souveraineté), cela en parlant à tous, sans faire d'alliance avec personne. Je n'ai pas le temps de relater ce soir, à chaud,  les circonstances qui ont conduit à ces trois erreurs, mais le ferai demain.

Publié dans Extraits du journal

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