Vendredi 19 mars. Train Paris-Chatellerault.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

 Quinze jours à Paris, voilà qui fait beaucoup trop. Dispersion insupportable. Tout à l’heure, près de Montaparnasse, amusant déjeuner cependant, avec Eric Zemmour, qui est venu à mon émission avant-hier et que j’ai trouvé plus sémillant que jamais. Il me relate les derniers rebondissements de l’affaire provoquée par ses propos, hardis en effet, sur la forte proportion d’immigrés, ou de Français issus de l’immigration, parmi les  vendeurs de drogue. Je ne vois pas ce qu’il y a de choquant à dire ce que tout le monde sait –tout le monde sachant aussi que cette proportion est grande dans plusieurs catégories de délinquants… Je tente de le convaincre de ne faire aucune concession aux divers screugneugneux de la bienpensance qui lui cherchent chicane ; nous tentons aussi de parler de son livre, « Mélancolie française », qui m’en a pas mal redémontré sur certaine lecture, impériale, de l’Histoire de France ; et nous tentons aussi de déjeuner…
    J’écris que « nous tentons », car nous nous ne parvenons à rien de cela. Comme, fort heureux de l’air printanier, j’ai eu la mauvaise idée de choisir une table en bord de trottoir, nous sommes sans répit interrompus par de bonnes gens qui passent, et, reconnaissant M. Zemmour, viennent lui apporter d’incessants mots d’encouragement : « allez-y, continuez ! » ; « M. Zemmour , tenez bon, on est avec vous ! », etc. Certes, la rue est zemmourrienne ! Deux jeunes gens s’installent carrément au bout de la table, et, ravis de voir que nous nous connaissons, nous pressent de constituer ensemble un gouvernment de salut public –ils se disent pourtant « monarchistes » ! A deux reprises, le patron du restaurant, tout aussi bienveillant, prend nos plats et les fait réchauffer –« allons, vous allez manger froid ! » ; des pompiers s’arretent sans façon, bloquent la rue et viennent apporter leurs encouragements. Tintamarre ; « Mais non, ne klaxonnez pas, c’est Zemmour qui est là ! - Comment, Zemmour est là ?». Etc.  C’est tout un attroupement… Deux heures et demi pour avaler un plat et un café –et vérifier que, décidément, il existe bien un peuple français.

Publié dans Extraits du journal

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