Semaine 28 (du 11 au 17 juillet)

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Lundi 11 juillet deux mil onze; Mirebeau. - Grand beau temps, trop sec, bien entendu, en sorte que j'ai dû arroser hier fort avant dans le soir.

Palmyre m'a apporté de succulentes tomates venues de son jardin; je gage que quiconque n'a pas goûté aux tomates de Palmyre ne sait pas ce qu'est une tomate. Elle m'a dit tout à l'heure qu'elle s'étonnait d'entendre chanter ici des cigales (ou des grillons?), chose inconnue jusqu'à présent à Mirebeau; voilà qui relève une observation que j'ai faite hier au soir, justement,  découvrant le jardin dans un concert de cigales tel que je me serais cru dans une pinède d'Italie, ou quelque maquis du Lavandou : est-ce normal, dans le Poitou ? Non, m'assure-t-elle, et nous convenons à ce signe, qui en rejoint d'autres, que le climat est décidément en train de changer à vive allure. D'ailleurs, ici, parmi les oliviers, les cyprès, les lauriers rouges ou roses de la terrasse, près de cette petite fontaine dans le goût romain, on pourrait se croire à quelques encablures de la mer Méditerranée. Il n'est pas jusqu'aux toits roses qui s'étagent du côté de l'église, et dont j'admire souvent le dégradé au soleil couchant, et ces tuiles rondes, dites elles aussi romaines, qui ne donnent à cette terrasse "un air de Toscane", comme me l'a dit un jour l'un de mes visiteurs, dont je jugeais alors la gentillesse un peu exagérée mais qui, finalement, a dit le fait.

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Mardi 12 juillet deux mil onze; Mirebeau. A part cela, les bourses dévissent sérieusement : - 2,5% au cours de la seule journée d'hier à Paris; - 4,2% à celle de Milan. En cause, la fragilité des économies grecque, portugaise, irlandaise, mais aussi espagnole et italienne (pays catholiques ou orthodoxes : ceux qui ne prennent pas trop au sérieux l'argent, et notamment l'euro), nations dont certains économistes affirment qu'elles ne peuvent pas, tôt ou tard, ne pas s'affranchir de l'euro -pour sauver ledit euro, comme pour se sauver elles-mêmes. En quoi je me sens, sous cet aspect aussi, fort méditerranéen…Au fond, c'est une course: qui sortira le premier, un des pays du sud, ou l'Allemagne ? Ceux qui resteront dans le piège, notamment la France, seront chocolats.

Sur le sujet, je fus agréablement réveillé hier matin en entendant mon nom prononcé sur France-Culture dans la bouche, qui l'eût cru?, de Madame Caroline Fourest en personne, et prononcé sans son acrimonie habituelle; il faut dire qu'il était question de l'euro, et de la citation que Marine le Pen a faite de ma petite parabole sur la nécessité de sortir avant les autres d'un système aussi vicié que celui de la monnaie unique : "Quand vous êtes dans un restaurant et que le dîner tourne mal, mieux vaut ne pas être le dernier à quitter la table, car c'est vous qui paierez l'addition"… Prononcée dans une vidéo, ma parabole a fait mouche apparemment. J'appelle Marine pour la remercier d'avoir rendu à Polo ce qui est à Polo, et nous avons du coup eu un fort intéressant échange sur les échéances à venir. Bref, dans ma petite maison désormais transportée aux bords de la Méditerranée, je vais tout à l'heure pouvoir, pour une fois, me coucher content…
 
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Mercredi 13 juillet, minuit; Mirebeau, enfin sous la pluie. Nous voici revenus aux premiers âges où tout dépendait d'un peu d'eau…

Trouvé à l'instant sur "la toile", telle qu'envoyée par un militant du RIF (nous en avons décidément d'excellents), une analyse de la situation politique de la France, singulièrement de nos positions et singulièrement de la mienne, que je trouve parfaite, sur le fond comme sur la forme -laquelle est particulièrement limpide. A moins qu'il ne s'agisse d'un pseudonyme comme il s'en trouve tant parmi les internautes, je ne connais pas son auteur, un certain Marc-Emile Tournemire (du moins je ne crois pas l'avoir jamais rencontré, mais je le voudrais bien), pas davantage le site sur lequel il écrit. Mais je coupe et colle ici cet article tel qu'il m'est parvenu et tel que je l'ai lu, en espérant que M. Tournemire ne verra pas là un pillage, mais un hommage à sa lucidité. Discuterais-je un point ? A sa différence, je vois assez le FN comme un parti républicain-type, en ce sens qu'il entend imposer un intérêt général, ou une "volonté populaire" aux oligarchies de l'heure. Peut-être est-ce là question de mots, celui de République devenant passablement flou tant les esprits lui donnent de sens différents. Sur le reste, rien à redire; je le copie/colle ici sans plus de commentaires.

Après l’appel de Paul-Marie Coûteaux au "compromis historique" autour du FN,  Marine Le Pen sème le trouble chez les souverainistes et les républicains, et met ces derniers face à leurs contradictions.  (mardi 12 juillet 2011).
 
Certes, personne ne pouvait donner cher de la proposition du Rassemblement pour l’indépendance de la France de construire une dynamique de rassemblement national-républicain autour de Marine Le Pen et d’un FN prétendument recentré. Mais aucun républicain de bonne foi ne peut balayer d’un revers de main les cruelles conclusions auquel cet appel sans lendemain invite. Que Paul-Marie Coûteaux, après avoir évoqué l’idée d’un compromis historique entre le FN, l’aile droite de l’UMP et la mouvance gaulliste et souverainiste, ait définitivement brûlé ses vaisseaux en appelant, au nom du RIF, Debout la République à s’engager dans cette voie, n’étonne pas. L’intéressé n’a jamais fait mystère de son empathie pour Le Pen père. Il a cherché, inlassablement, à réunir toutes les tendances de l’arc républicain, y compris les mouvements à ses marges : là où les esprits moqueurs dénigrent des revirements successifs (Jobert, Seguin, Pasqua, Chevènement etc...), il faut voir sans doute la quête politique de l’homme providentiel à même de concrétiser le projet de restauration nationale qui motive son engagement. En cela, ce « républicain blanc », ainsi que la revue royaliste Les Epées l’a décrit, est un politique, au sens maurrassien du terme. Pour Coûteaux, Marine Le Pen semble aujourd’hui le catalyseur de l’exaspération du pays réel et la seule à même de faire « turbuler le système »...

Pour autant, il ne faisait pas de doute que Nicolas Dupont-Aignan opposât une fin de non recevoir à la proposition de PMC. D’une part, les deux hommes sont notoirement en froid depuis quelque querelle électorale. D’autre part, DLR se pose comme la 3e voie à droite entre l’UMP à l’agonie et un FN « produit de la mise en valeur de Marine Le Pen par les médias ». En gaulliste, Nicolas Dupont-Aignan ne peut que répugner à s’allier avec un parti qui s’efforce d’apparaître comme modernisé, mais dont la filiation antigaulliste demeure. En cela, NDA est à la fois lucide et aveugle : lucide car le FN joue l’air de la modernisation en recyclant ses vieilles antiennes (la laïcité, faux-nez de la xénophobie, par exemple) ; aveugle car Marine Le Pen est en passe d’occuper tout l’espace national-républicain.
Républicains et respublicains, combien de divisions ? C’est, formulé vulgairement, le sens du message de Paul-Marie Coûteaux. Le MRC ? Il a renoncé depuis longtemps à tout pôle républicain, impuissant à bâtir durablement des relations avec les deux rives républicaines. Le MPF ? Il ne se relèvera pas de l’épisode sordide où Philippe de Villiers a été trahi par les siens. Le RPF ? En coma prolongé. Le RIF, l’UPF, l’UPR et tout cet éventail de corpuscules souverainistes et nationaux-républicains ? Presque autant d’adhérents que de mouvements. DLR ? N’en déplaise à NDA, qui se targue de ses 4% aux régionales franciliennes ou de candidats aux cantonales proches des 20%, je n’entrevois pas (à regrets !) le jour où le parti pèsera un tant soit peu. Fort dépourvu quand le Non fut venu en 2005, le mouvement républicain et souverainiste ne s’est pas remis non plus de 2007 : Nicolas Sarkozy n’est pas seulement en passe de causer la perte de la droite parlementaire, il a laissé la voie libre au FN sur les thématiques chères aux républicains. Résultat : le parti lepéniste gagne en audience dans toutes les composantes du peuple, dans cette France qui a tant besoin de protections, comme le note justement Julien Landfried.
Les républicains doivent aussi finir par admettre leur part de responsabilité dans la situation actuelle : en dépit des appels incessants à l’unité, c’est la logique de chapelle qui a prévalu, logique de chapelle parfaitement embourbée dans la logique droite-gauche que chacun jure pourtant récuser ! A titre personnel, je ne vois pas pléthore d’issues. Soit le FN finira, ralliement des militants et électeurs souverainistes et républicains aidant, par occuper pour de bon tout l’espace national-républicain, se posant en partenaire incontournable de la droite dite de gouvernement : il aura réussi là où le RPF-IE a échoué, en s’inspirant de l’exemple de Gianfranco Fini. Et alors enfin l’on comprendra que discuter des évolutions réelles ou supposées du FN aura eu autant d’intérêt que de gloser du sexe des anges quand Constantinople s’apprêtait à céder sous l’avancée ottomane. Soit les républicains se donnent enfin les moyens de leur ambitions, se concertent et arrêtent un programme et un candidat communs pour 2012. Et ainsi il sera laissé un autre choix au peuple que d’opter entre les candidats des élites mondialisées (Sarkozy, DSK, Joly, Borloo-Morin même combat) et la candidate frontiste. A bon entendeur...


Marc-Émile TOURNEMIRE
 - Revue républicaine
               
                   
En tous les cas, l'opération lancée par le RIF en mars, consistant à réunir les uns et les autres en partenariat avec le Front National, pénètre peu à peu les esprits. Une de mes préoccupations et occupations majeures de la période est de trouver des femmes et des hommes de poids pour la mener à bien. C'est bien la plus difficile que j'aurai tenté de toute ma vie.

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Jeudi 14 juillet deux mil onze; Mirebeau. - On annonce qu'un septième soldat français est tombé cette semaine en Afghanistan -un lundi, cinq hier, un autre aujourd'hui; bien entendu, un flot de discours entoure chacune de ces annonces et l'on entend répéter en boucle que ces jeunes Français "ne sont pas tombés pour rien"…

Or, c'est toujours le même procédé de la dénégation tel que l'ont mis en lumière Orwell ou Freud, comme bien d'autres avant eux : ces soldats sont exactement tombés pour rien, dans l'ordre de la défense de la France s'entend -et même dans l'ordre de la liberté. Car leur présence en Afghanistan a bel et bien un effet, la régulière croissance de la haine que les Afghans, et l'ensemble du monde musulman nourrissent contre l'Occident, Etats-Unis-Europe-Unie en tête, haine qui nourrit la guerre indéfinie, comme le veut Washington. Ce jeu nécessite le mensonge absolu, ce que  Chomsky nomme "la fabrique du consentement", à coup d'"exploits de la propagande" de plus en plus remarquables.

Tous les totalitarismes savent cela: s'il renverse totalement la vérité, le mensonge passe mieux que s'il se contente de la grimer ou de la contourner; c'est même l'ordinaire exploit des toutes les propagandes : il ne faut pas se contenter de mentir, mais renverser complètement la vérité. Le communisme n'était pas le pouvoir que le peuple devait partager avec une inévitable oligarchie : selon la propagande soviétique ordinaire, il était tout entier le Pouvoir du Peuple, assertion évidemment fausse, mais qui passait parce qu'elle était symétriquement contraire à la vérité. De même, M.Sarkozy n'a pas fait avaler au parlement français une constitution européenne retouchée, mais un "mini-traité" réputé ne contenir que le minimum nécessaire à la poursuite de l'UE -alors qu'il reprenait toute la Constitution rejetée deux ans plus tôt, et sous une forme enflée de plusieurs centaines de pages : le mensonge est passé parce qu'il était énorme. De même, à lire Chomsky, ce qui s'appelle la "guerre contre le terrorisme" est menée en faveur du terrorisme, avec des méthodes terroristes et par un Etat terroriste, les Etats-Unis.  Depuis que Ronald Reagan a lancé ladite guerre (ce qu'il a appelé, le 17 octobre 1985, "le vil fléau du terrorisme"), les Etats-Unis ont plaqué le mot sur qui bon leur semblait (ce fut l'Iran, puis l'Irak, puis la Yougoslavie, les Hutus du Rouanda, puis, quelques jours après le 11 septembre, l'Afghanistan- opération préparée depuis longtemps…).

Outre qu'elle pare le criminel de tous les masques de la vertu, et que, en second lieu, elle ordonne autour de lui la piétaille de ses mercenaires (en gros, l'U.E.), l'opération sémantique a l'incomparable mérite de cacher le fait primordial des soixante dernières années : que, comme tout empire, les Etats-Unis ne peuvent vivre que de la guerre, se nourrissent d'elle, ne pourraient sans elle survivre; il est d'ailleurs remarquable que, après le retrait du Vietnam, l'économie américaine se traîna pendant des années, accusant le coup, et qu'il fallut la fine brochette Reagan et consors pour la relancer -peut-être une dernière fois, car il est aussi prouvé que les Empires font toujours une guerre de trop, tels Napoléon et Hitler en Russie, et la Russie en Afghanistan -déjà !

De ce point de vue, les soldats français ne sont peut-être pas morts pour rien : ils favorisent sans doute la conscience de l'absurdité de notre collaboration. Mais comme cette vérité est coûteuse !

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Vendredi 15 juillet deux mil onze; Mirebeau. - heureux dîner sur la terrasse, hier, en compagnie de D. et F., qui font halte au prieuré sur la route de Solesmes. Suis très content, notamment, de l'éclairage de nuit.

Saint Augustin : "Croire pour comprendre". S'ajoutant à l'atmosphère grecque dans laquelle naissent Jésus, et le Christianisme, on a l'impression, avec Augustin, d'être dans la même métaphysique que celle de Platon : les "Idées éternelles" ont place dans la foi au Dieu éternel, pour ainsi dire elles l'éclairent comme des faisceaux braqués sur la statue majeure. Il est vrai que la conception augustienne de l'Histoire n'est pas cyclique, comme l'est celle de Platon, puisque Augustin la voit comme un long dévoilement, l'histoire de l'Humanité étant semblable à celle d'un homme qui va de l'enfance à l'âge mûr en passant par toutes les étapes de la révélation. La Cité de Dieu réunit tous les Vertueux, ceux qui cherchent les Idées, par le Bien, le Beau et le Vrai : tout cela pour dire que, sur ces deux points, de Gaulle est plus proche d'Augustin que de Platon. Ecris ce soir un passage sur le sentiment qu'avait de Gaulle d'appartenir à la Cité de Dieu, portant sa croix et servant l'Histoire de France jusqu'à son accomplissement, comme une participation sacrée au lent dévoilement du monde. 

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Dimanche 17 juillet deux mil onze; Mirebeau. Il fait froid tout à coup, il pleut, nous en arrivons à allumer un feu dans la cheminée. L'excellent R. est resté à la maison. Ambiance automnale. Petit travail. Tout est bien.

Comme je l'ai écrit ici, je suis plongé depuis deux semaines dans le grand Chomsky, sacré gaillard qui ne se soucie pas de faire en toutes circonstances le modéré, comme nos intellectuels en chambre; c'est ainsi que le 8 mai dernier, il réagissait à l'assassinat de Ben Laden en des termes dont je ne résiste pas à la tentation d'en retranscrire de solides morceaux  : " Il est de plus en plus clair que l’opération était un assassinat prémédité, en complète violation de multiples règles élémentaires du droit international. Aucune tentative n'a semble-t-il été faite pour appréhender une victime désarmée, ce qui aurait pu être raisonnablement entrepris par 80 commandos en butte à pratiquement aucune opposition, à l’exception, affirment-ils, de son épouse, qui se précipita vers eux. Dans des sociétés qui professent un certain respect pour la loi, les suspects sont arrêtés et traduits devant la justice dans le cadre d’un procès" (…)

En avril 2002, le chef du FBI, Robert Mueller, informa la presse que, au terme de l’enquête la plus intensive de l’histoire, le FBI était seulement en mesure de dire qu’il «croyait » que le complot avait été fomenté en Afghanistan, bien qu'il ait été mis en place aux Émirats Arabes Unis et en Allemagne. Ce que les responsables pouvaient seulement affirmer sur le mode de la croyance en avril 2002, il est évident qu’ils ne le savaient pas huit mois plus tôt, lorsque Washington rejeta les offres, faites par les Talibans (nous ne pouvons pas savoir si ces propositions étaient sérieuses, étant donné qu’elles furent immédiatement rejetées) d’extrader Ben Laden à condition qu’on leur présente des preuves – preuves que, comme nous l’apprîmes assez vite, Washington n’avait pas. Ainsi, Obama a purement et simplement menti lorsqu’il a affirmé, dans sa déclaration à la Maison Blanche, que « nous avons rapidement appris que les attaques du 11 septembre avaient été menées par Al-Qaïda » (…)

Il est beaucoup question de la colère de Washington, du fait que le Pakistan n’ait pas livré Ben Laden alors que certains éléments des forces militaires et de sécurité étaient certainement au courant de sa présence à Aboutabad. On évoque moins la colère du Pakistan alors que les Etats-Unis ont envahi leur territoire pour perpétrer un assassinat politique. La ferveur anti-américaine est déjà très forte au Pakistan, et ces événements sont susceptibles de l’aggraver. La décision d’immerger le corps, est déjà, comme on pouvait s’y attendre, en train de susciter colère et scepticisme dans une grande partie du monde musulman. Nous pourrions nous demander quelle serait notre réaction si des commandos irakiens avaient atterri sur le ranch de George W. Bush, l’avaient assassiné, et avaient jeté son corps dans l’Atlantique. Or, il est incontestable que ses crimes dépassent largement ceux de Ben Laden, et il n’est pas un «suspect», mais sans conteste le «décideur» qui a donné l’ordre de commettre un «crime international suprême, différent des autres crimes de guerre ordinaires, en ce qu’il comporte en lui-même le mal accumulé du tout» (pour citer le Tribunal de Nuremberg) pour lesquels les criminels nazis ont été pendus: des centaines de milliers de morts, des millions de réfugiés, la destruction d’une grande partie d’un pays, et l’âpre conflit qui s’est maintenant propagé dans le reste de la région sur fond d’intolérance religieuse".

Joliment raide ! Qui, en France, a le courage de penser non pas l'empire états-unien, mais le phénomène impérial dans toute son ampleur, c'est à dire dans toute son horreur ?

Publié dans Extraits du journal

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