Samedi 5 février deux mil onze; Rabat. - Rencontres et souvenirs.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Toutes les rencontres, ici, sont intéressantes. M'a marqué le beau visage de la fille aînée de feu le Premier ministre Fillali, qui est venue dîner hier au soir. Elle est aussi racée que l'était son père, dont nous parlons longuement, tant il me plait d'évoquer son souvenir; je l'ai connu du temps qu'il était ministre des Affaires étrangères, d'une part lors des premiers sommets francophones, puis lors du sommet franco-africain de 1988 dont j'étais l'un des "sherpas" (pour la direction d'Afrique du ministère des Affaires étrangères), et que j'ai ensuite retrouvé à New-York, circ. 1992. C'était le type parfait de l'aristocrate marocain, dont j'ai rencontré quelques exemples ici ou là, lesquels m'ont toujours donné à penser que, aussi longtemps qu'ils seraient en cour auprès de sa majesté chérifienne, le Maroc serait bien gouverné. Me suis rappelé un long dîner à la résidence de France, qui était alors au resplendissant palais Lyautey (bêtement "rendu", ensuite, au gouvernement marocain), où Jean-Bernard Mérimée m'avait accueilli pour deux ou trois nuits -autre fameux souvenirs. Fillali était venu avec quelques membres de son cabinet pour préparer le fameux sommet franco-africain de décembre 1988; je n'avais pas dit grand chose, mais ouvert tout grand mes yeux et mes oreilles; ce n'était pas seulement délicieux pour l'atmosphère, mais aussi pour la certitude que j'eus alors que la France avait bien des cartes en mains -en Afrique subsaharienne et en Afrique du Nord, et spécialement au Maroc. Que nous reste-t-il d'autre, en fait de partenariat solide ? La Syrie et le Liban, le Québec, la Russie -mais nous jouons si peu ces cartes-là…

Beaucoup se joue ici, et ce n'est pas un hasard si tant d'occurrences me ramènent régulièrement en ce pays. Combien ai-je fait de séjours  au Maroc, dix, douze ? L'autre jour,  après un tour aux ruines romaines du Chellah, je suis retourné voir la résidence de France, aujourd'hui un ministère, et me suis rappelé d'autres souvenirs : une réception offerte à la délégation de l'Union des Journalistes de la presse de langue française, en 1986 je crois- j'étais alors "à la francophonie"; ainsi que, beaucoup plus tard, en 2007 je crois, une soirée électorale dans le bureau du ministre de l'intérieur, dont je me rappelle le nom, Jettou, mais pas le prénom, alors que je faisais partie de l'escouade de trois députés pompeusement dénommée "mission européenne d'observation des élections"; je me rappelle aussi d'un autre voyage dont j'ai perdu l'année, pour une réunion de l'Assemblée parlementaire euro-Méditerranée -j'avais passé mon temps à batailler pour que les débats soient correctement traduits en français, etc… les souvenirs ici se mêlent à l'infini….

Publié dans Extraits du journal

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