Samedi 31 juillet

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Un peu de pleine solitude : cadeau que je m'offre cette année pour mon anniversaire. Mais il y a aussi cet  autre cadeau, un magnifique compte rendu d'"Espérer Contre tout" de  Philippe Cohen dans "Marianne2". A le lire, je me rends compte que j'ai été bien trop clément avec Debray; non point tant dans ma lettre ouverte, telle que publiée par Xénia (où je lui ai épargné quelques flèches que j'ai trouvées trop empoisonnées, et que j'ai bien trop prudemment effacées), mais en répondant aimablement à la petite lettre d'allure charmante qu'il m'a adressée après avoir lu l'apostrophe à lui adressée. Cet homme plus que prudent, et finalement lâche (décréter la France sortie de l'Histoire, juger le discours de Pétain, celui du 17 juin, plus vrai que celui du 18 juin, c'est une lâcheté conformiste et mondaine, mais c'est une lâcheté) faisant semblant de reculer : je n'aurais pas dû lui accorder une trêve, j'aurais dû continuer à attaquer -ce que d'ailleurs je vais faire bientôt, me disposant à reprendre les hostilités, une fois que le livre, dont je reçois enfin de bonnes critiques (Marie-France Garaud, Yvan Rioufol, J-P Chevènement, NDA, bien d'autres…), aura eu un assez grand nombre de lecteurs pour que, cette fois, je ne combatte pas seul : il faut trouver une phalange rassemblant assez d'âmes fortes décidées à ce que l'aventure française, même dans les malheurs, continue…

 (Le livre se vend au compte goutte, selon les dernières nouvelles; mais il se vend, principalement grâce aux ressources d'internet, où il est devenu si facile d'acheter des livres : on commande d'un clic, il arrive chez vous trois jours plus tard; que vont devenir les libraires ? )

En tous les cas, je veux qu'il ne soit qu'une première pierre, et poursuivre le combat. Rompre avec Debray, c'est rompre avec ma coterie parisienne, et rompre avec les illusions d'une sorte de compromis historique avec la vieille gauche, rompre finalement mes amarres -c'est un peu mon 18 Juin, après tout… On verra le résultat : les mots sont posés, à la va-vite mais posés. Reste à "espérer contre tout". Reste aussi, joie d'entre les joies, à lâcher pour quelques semaines ce maudit ordinateur sur lequel j'ahane chaque jour des heures durant depuis un an -et par là ce journal, et tous les livres en cours- pour partir avec E. au Portugal, les doigts reposés, et les mains libres.

 

Publié dans Extraits du journal

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