Samedi 29 mai 2010 ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Je vois bien la cause de l'attirance générale pour l'usage thérapeutique des plantes : une combinaison d'ancienneté et d'efficacité qui rassure tout le monde, comme une promesse. Hier, j'ai placé des bouquets de sauge dans les armoires, qui embaument déjà; le matin, un peu d'estragon du jardin renouvelle complément le goût de mes œufs brouillés; auparavant, dès potron-minet , je prends l'habitude de gober une nouvelle mixture, produit d'une courte macération, dans un coquetier, de petites feuilles de sarriette dans une cuillère d'huile d'olive ajoutée de deux ou trois zestes de citron. La sarriette  est brutalement devenu ces jours ci une compagne habituelle, que j'utilise en abondance, trop sans doute, dans la plupart de mes plats… j'aime son goût, et lui prête toutes sortes de vertus. Mais à bien y regarder, la compagnie des plantes est constante (ainsi, pour les bains, E. fait macérer pendant deux ou trois jours des feuilles de laurier-sauce dans un grand bac, qui viennent rafraîchir et vivifier les bains chauds). C'est tout un monde de plantes -j'aimerais connaître aussi la vertu de chacune, y compris des arbres… Plantes, et, en cette saison, fleurs : en ce moment partout des roses, dans les jardins,  sur les murs, et dans de petits vases dispersés dans les pièces.  J'allais écrire : action de grâce; c'est que la Nature est sans doute la première expérience pieuse que devra faire quiconque voudrait retrouver dans ce siècle une vie spirituelle…

 

Reste à savoir comment lier le sentiment de la nature et celui de la nature des choses; ce pourrait être la grande affaire…

 

Publié dans Extraits du journal

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