Samedi 25 septembre 2010 ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Dans la "série où que l'on se tourne" (… le monde vous affole), j'ai trouvé hier, tandis que je tentais de mettre à jour l'habituelle masse de courriels non ouverts, un texte de notre correspondant québécois Mathieu Bock-Côté, publié dans l'Echo de Montréal de septembre 2010 - texte dont transcris ici l'essentiel, tant il en dit ou en annonce sur les délires du multi-culturalisme :

"… Le multiculturalisme repose sur une idée mortifère: les sociétés occidentales seraient coupables de racisme. On devrait pour cela déconstruire leur identité. La société d’accueil n’aurait plus le droit d’exiger des immigrés qu’ils prennent le pli culturel de la majorité. En fait, ce serait à la société d’accueil à «s’adapter à la diversité». De manière surprenante, le ministère de l’Éducation (MEQ) est devenu le principal promoteur du multiculturalisme au Québec. On l’a vu il y a encore quelques semaines lorsque il a annoncé la réalisation d’un «calendrier multiconfessionnel» permettant aux écoles de planifier leurs examens sans vexer la «sensibilité religieuse» des communautés culturelles. L’initiative, faussement généreuse, vient bouleverser la question de l’intégration: de plus en plus, chaque communauté disposera pratiquement d’un droit de veto dans l’aménagement du calendrier scolaire. Noël comme Pâques ne seront plus que des fêtes parmi d’autres. Au pire, l’ouverture à l’autre exigerait la disparition de l’identité québécoise de l’espace public. Au mieux, elle ne sera qu’une identité parmi d’autres. Sur le site internet du MEQ, on présente ainsi la société québécoise: «d'abord occupé par une population autochtone, le Québec a successivement accueilli des arrivants de France, des îles Britanniques, puis d'un nombre toujours croissant de pays. Il reçoit plus de 38 000 nouveaux arrivants par année». Il n’y a plus de culture fondatrice, seulement un territoire où s’accumulent des vagues migratoires également importantes dans la formation de l’identité québécoise. Pour le MEQ, nous sommes tous des immigrants" (…)".

Je m'arrête sur ce mot immigrant : c'est à juste titre que Bock-Coté ne dit pas immigré ; car un immigré est un immigrant intégré, dont l'acte d'émigration est passé, et dont on peut penser qu'il est en cours d'assimilation; tandis que immigrant dit la réalité de l'immigration dans les sociétés multiculturelles : la migration continue; ni d'ici ni de là-bas, l'immigrant du multiculturel est un immigrant perpétuel, il migre sans répit…

Publié dans Extraits du journal

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