Samedi 23 octobre. Pourquoi Jacques Chirac refusa une excellente offre de Vladimir Poutine. Recherche spatiale, et autres cartes gâchées.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Il  faudrait faire le compte des gâchis, et dresser la liste des gâcheurs. M-F G. rappelait hier que, en 2006, Vladimir Poutine avait proposé à Jacques Chirac de relancer en commun les programmes de recherche spatiale de nos deux pays. Proposition bienvenue, à l'évidence : des trois premières puissances spatiales d'il y a trente ans, les EU, la Russie et la France, seule la première avait poussé les feux; l'effondrement de l'Union soviétique et ses conséquences   avait retardé la Russie, comme la recherche spatiale française avait été littéralement "mise en panne" par les projets jamais aboutis de l'union européenne -je me souviendrai longtemps de la visite à Bruxelles d'un ingénieur de l'aérospatiale venu tout exprès de Toulouse pour me décrire l'état d'abandon de la recherche française, le découragement d'ingénieurs inemployés qui n'allaient plus au bureau que de temps en temps "pour voir s'il y avait quelque chose à faire", et que l'on gardait "en cas d'hypothétique programme européen" -hélas, il ne voulut pas signer dans l'Indépendance un article sur le sujet, me conseillant, le pauvre, de n'agir que discrètement, comme si j'avais le moindre moyen, discret ou indiscret… Le partenariat franco-russe allait ainsi de soi : quelle puissance peut rester une puissance indépendante au XXIème siècle sans une suffisante maîtrise de l'espace ? Seulement voilà : il en coûtait 11 milliards d'euros; la France ne les avait pas, il fallut décliner -c'est bien le mot. Quand on songe aux milliards engloutis dans l'omniprésente politique sociale, dont l'effet premier est de déconnecter tout un peuple du drame ardent, du drame permanent de l'histoire, et d'entretenir paresse, débrouille et irresponsabilité générales quand on songe que nous gâchons nos meilleures cartes  par manque d'argent sans se soucier des coûts qu'auront dans quelques décennies notre dépendance, quand on songe à l'appauvrissement qui s'ensuivra, de tous et de chacun, on se retient de tout envoyer balader et de partir ailleurs, très loin ailleurs. Ils pourront toujours défiler…

Publié dans Extraits du journal

Commenter cet article