Samedi 22 mai 2010 ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Mirebeau sous le soleil - et sous les floraisons de mai, qui s'enhardissent enfin de toutes parts.

 

Nombre étonnant d’oiseaux ces jours-ci; certains picorent de-ci de-là, sur la pelouse du jardin, d'autres volent de tous cotés, à diverses altitudes, et les arbres en sont tout bourdonnants. C'est une foison. Ce matin, spectacle des deux étourneaux, je crois des étourneaux, ou des mésanges, qui, s’immobilisant en l’air, et voletant l’un autour de l’autre, tentaient manifestement de se séduire, peut être de s’accoupler – en l’air ?

 

Il faudrait sans cesse revenir, tant ses effets sont monstrueux, sur cet extraordinaire dessaisissement du politique par le système financier, qui mine à la base, non seulement  le projet européen, mais toute société. A partir des années 70 (et le décrochage du dollar par rapport à l'or), la masse monétaire s'accrut dans des proportions vertigineuses, sans rapport avec la richesse réelle; d'abord sous l'effet de l'anticipation budgétaire, un déséquilibre tranquille du budget de l'Etat (c'est de 1976 que date le dernier budget en équilibre en France) puis des budget de toute personne publique, organismes de sécurité sociale, collectivités territoriales, régions, départements, communes, dans des proportions quelquefois vertigineuses. La dette gagna tout, entreprises, associations, ménages, chacun étant persuadé que l'avenir meilleur, en somme le Progrès réglerait tout, un jour… La connivence entre les deux grands piliers du progressisme européen, les banques et la gauche, syndicale comme politique, fonctionna à merveille. On promet, on anticipe, on ne décide rien (le principal attribut de l'Etat en régime progressiste n'est pas l'autorité mais la ponction fiscale et la dépense budgétaire), on emprunte, puis on emprunte pour rembourser les emprunts, et, pour finir tout le monde se retrouve entre les mains des banques, grandes prêtresses du progressisme universel.

 

A force de croire que les crédits tombent comme la pluie, que les déficits n'ont pas d'importance et que "tout est possible" (slogan de François Mitterrand pendant la campagne présidentielle de 1974), la culture de l'Etat-providence sans culture de l'Etat, c'est à dire du Bien Commun, du souci du long terme, et de l'autorité qu'ils supposent, devint celle de la simple providence,  non la divine mais la marchande, celle des marchés. Or, l'économie européenne, de moins en moins performante et plus en plus ouverte en raison des démantèlement commerciaux (surtout depuis que fut abandonnée la préférence communautaire agricole alors qu'il eût fallu l'étendre aux autres secteurs), était incapable de l'assumer. Le recours fut une fuite en avant dans le crédit: c'est le problème grec, mais aussi celui de toute l'Europe. Combien dure la désintoxication…

Publié dans Extraits du journal

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