Samedi 17 juillet

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Samedi 17 juillet 2010. Retour à Mirebeau ; abondant courrier, abondante presse dans la boîte aux lettres devenue boîte aux revues, et conséquemment, abondants soucis -pour commencer, sur la situation de la France. Aimer la France, en ce moment, c'est se condamner au désarroi permanent.

Tout va partout très mal, décidemment : il faudrait évoquer chaque jours des dizaines de sujets, des dizaines d'affaires, pour commencer sur le brûlant sujet de la sécurité, ou plus exactement sur l'impossibilité pour les forces de l'ordre de maintenir l'ordre en des parts grandissantes de notre territoire -par exemple, ces jours-ci, dans certains quartiers de Grenoble où la police est canardée depuis plusieurs jours parce qu'un policier a osé tirer sur un braqueur de banque, qui faisait partie d'une bande (de ressortissants de confession musulmane), laquelle a répliqué… Des bataillons de petits terroristes quotidiens se sont répandus sur le territoire, de plus en plus hors d'atteinte de toute police et de toute justice -cela au moment où notre armée s'épuise à lutter contre ce qui st présenté comme le terrorisme, dans les montagnes afghanes.

19heures. Justement, je voudrais revenir sur cette guerre, à laquelle j'ai consacré une des vidéos-Robin de la semaine dernière. L'omerta sur le sujet est étonnante; elle est à l'évidence organisée par nos autorités, ou plutôt la section française de l'Organisation dite "de l'Atlantique Nord",  qui ne laissent rien filtrer, à peine (mais est-il exact?), le compte régulier des morts de soldats français -nous en sommes à 45, mais nul ne dit le compte des blessés. Le silence est subrepticement levé ces jours-ci à l'occasion d'hommages que les journalistes rendent à certains de leurs confrères retenus par les Talibans, ce qui est pour le moins incomplet, et fausse bien entendu le regard -il semble admis par la corporation qu'un journaliste emprisonné est plus important qu'un soldat français tué.

Combien sont intéressants, pourtant, les mouvements qui naissent au sein de l'armée française, jusqu'au plus haut de ses hiérarchies -pour avoir rencontré deux soldats, dont un officier, qui se disent déjà "anciens de l''Afghanistan" je sais que la troupe brode abondamment sur le thème "personne n'a compris ce que l'on va faire là-bas". A ma connaissance, seul l'hebdomadaire Minute, comme toujours bien informé, a commenté les propos du chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, Alain Chouet, propos jusqu'à présent non divulgués par la grande presse bien qu'ils aient été tenus au Sénat, le 21 janvier dernier, lors d'un colloque consacré à Al Quaïda : "Comme bon nombre de mes collègues       professionnels, j'estime, sur la base d'informations sérieuses et recoupées, que la Qaïda est morte sur le plan opérationnel, dans les trous à rats de la Tora Bora en 2002"; et d'ajouter que les actions terroristes postérieures au 11 septembre ne sont pas imputables à l'organisation centrale supposément sise en Afghanistan, mais à des groupes locaux tout à fait hors de son contrôle. Il est de surcroît admis par tous les services du monde que les Etats-Unis ne veulent nullement la capture du dénommé Ben Laden, pour des raisons d'ailleurs évidentes -mort ou vif ne pas remettre sur le scène cet ancien agent… La question n'est donc pas tant : que fait la France dans ce bourbier ?  Mais, quel est l'objectif de guerre des Etats-Unis ?

Sur la participation française, le Directeur de l'Ecole de Guerre (rebaptisée "Collège Interarmées de Défense")  le général Vincent Desportes a dit l'essentiel : "C'est une guerre américaine. Quand vous êtes actionnaire à 1% vous n'avez pas la parole" : ledit général est menacé de sanctions; mais tout le monde sait que l'armée française ne sert que de supplétif, et, vaguement de caution -dans tous les cas, le rôle de gogos. Quant aux buts de guerre, je voudrais coucher ici, noir sur blanc, quelques intuitions que je n'ai fait qu'effleurer, trop brutalement, dans la vidéo-Robin ; mais l'exercice, que je voudrais cette fois précis,  est trop ardu pour ce soir, d'autant que le dîner de famille est prêt; je reprendrai demain… 

Publié dans Extraits du journal

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