Samedi 10 avril 2010 ; Paris.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

A Paris pour huit jours encore -sans plaisir. J’aurais d’autant préféré rester à Mirebeau quelques jours de plus que la susdite émission de Giesbert s’est révélé être un traquenard sans nom, dont je ne vois pas comment j’aurais pu me sortir mieux que je ne l’ai fait - mis à part l’esclandre, interdite justement par la formule du pré-enregistrement. Une fois encore, je compte que l’imposture s’aperçoive à  l’œil nu…

Pour commencer, jeudi, grève des trains  - celui que j’ai pris était en retard et bondé. J’arrive cependant à l’heure dans les sombres dédales du sous-sol de France-Télévision que je trouve cette fois-ci, la quatrième depuis le début de l’année, plus encombrés, tristes et sales que jamais : sorte d’univers noir et déglingué, de plus en plus éloigné du luxe des studios d’antan...  Ce n’est qu’au maquillage que j’apprends cette chose étonnante : le sujet fut changé « en dernière minute », il n’est plus question de « l’affaire Zemmour », que la conférence de rédaction a décrété « sortie de l’actualité », mais d’un autre thème dont l’intitulé même est d’une mauvaise foi inusable : « les religions menacent-elles nos libertés ? ». Pourquoi cette substitution ? On me dit qu’il s’agit de « profiter du passage à Paris d’une certaine Taslima Nasreen, Indienne partie en guerre contre l’Islam et persécutée par lui ; cette dame, assez raide, gaie comme une porte de prison, estime que l’ONU devrait limiter le pouvoir de toutes les religions (sic) ; elle vient d’écrire un livre sur ce vaste sujet (et spécialement le droit des femmes « menacé par les religions », sans distinction…), en collaboration avec l’omniprésente Caroline Fourest, elle aussi invitée, et qui me salue du bout des doigts. Je retrouve également une autre dame déjà rencontré sur le plateau de Frédéric Taddeï, Esther Mombassa, qui se dit « juive laïque non croyante » (je ne vois pas très bien ce que cela peut vouloir dire), et dois me présenter seul à un cinquième invité, un sociologue du CNRS inconnu (pour moi en tous les cas), Vincent Geisser, qui vient de publier un ouvrage, avec photographies, sur l’intégration réussie des musulmans, et autre prêchi-prêcha de rigueur.

A la différence des autres invités, qui paraissent très bien  se connaître entre eux, je découvre le sujet de substitution, et ne comprends qu’avec l’introduction de Giesbert qu’il s’agit tout bonnement de mettre les religions en accusation, à quoi chacun des participants semble d’ailleurs tout préparé - il me semble que je suis d’ailleurs, non pas le seul chrétien, mais le seul croyant parmi les six personnes invitées. Mais n’est-il pas habituel que la grande majorité des Français (64% se disent encore catholiques), soient écartés du service public, du moins systématiquement minorés ?
 

Publié dans Extraits du journal

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