Mercredi 30 juin 2010 ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

 Première étape hier, en catimini, de la procédure judiciaire lancée contre Eric Zemmour par cinq associations, pas moins, chargées de la mission de service public du respect de la Pensée Korrecte…

Liberté d'expression ? Tout l'étouffe alentours; l'affaire Zemmour révèle une fois de plus la vérité simple : une soixantaine de journalistes, ceux que Serge Halimi nomma naguère "les chiens de garde" contrôlent en France toute l'information, et surtout son interprétation, ce qu'il est convenu d'appeler "le débat public" -ainsi confisqué à son instance naturelle en démocratie, le Parlement. Quiconque échappe aux catégories et discours imposés par cette oligarchie médiatique est mis à l'écart et, si la grande notoriété du coupable le protège des discrètes oubliettes du château fort, il est traîné devant les tribunaux.

Le phénomène est à double ressors : d'une part le débat disparaît, les maîtres de l'Opinion étant d’autant moins contrôlés que, devant eux,  toute autre autorité file doux, faute de quoi elle serait réduite au silence -silence souvent définitif… On la boucle, y compris les pauvres élus, ou l'on ne dit que peu, ou bien on disparaît : ce qui s'appelle une dictature. Je témoigne que, à chacune de mes interventions télévisées (une par mois en ce moment), je me surveille au prix d'une tension extraordinaire, pour ne pas trop dire, ne pas dépasser l'acceptable et espérer garder la parole, pour plus tard. Cette censure permanente est épuisante pour chacun, mais surtout épuisante pour la démocratie…

Mais, dans cette affaire, le plus grave est ailleurs : la ladite oligarchie est une dévoreuse d'autorité publique. Le Premier pouvoir, le journalistique, celui qui règne mais ne gouverne pas, interdit tout gouvernement -celui dont le Général disait "qu'il n'allait pas sans blâme dans l'opinion". Chez ces dames et ces messieurs que nul n'a choisi et que nul n'ose contrôler, il n'y a jamais place pour le moindre souci de Bien public, au contraire, celui-ci a toujours tort; le bien supérieur de la nation est toujours un bien inférieur. Il n'y a donc plus de gouvernement possible. Place aux pouvoirs de fait – aux


pouvoirs financiers en premier lieu, dont le presse n'est plus que le bélier qui défonce l'Etat, ce gêneur.

Mais pourquoi écrire cela, encore et encore, quand tout le monde le sait, et  qu'il ne sert à rien que tout le monde le sache ?

Publié dans Extraits du journal

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