Mercredi 29 septembre.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Ai repris l'habitude des messes basses de 9 heures; il y a une innovation depuis la rentrée : notre Doyen les fait précéder des hymnes de Laudes, à 8h45. Ce qui permet de filer vers 9h15 et d'être d'assez (juste assez) bonne heure au travail. Hier, nous sommes d'ailleurs allés vite, le Doyen nous expliquant qu'il devait aller "au fin fond de la campagne", vers Saint-Jean de Sauves je crois, pour "un exorcisme". Me voyant étonné (j'ignorais tout à fait qu'on pratiquât encore des exorcismes ecclésiastiques), il se justifie : "Si je n'y vais pas, ils feront appel à toutes sortes d'autres "opérateurs", vous voyez ce que je veux dire"; mais je lui dis que j'approuve fort, au contraire, que l'on garde encore une si belle conscience de l'invisible -que l'on vive avec une part d'invisible auprès de soi. Il me dit alors ceci, à voix basse, presque gêné : "en plus, ça marche ! La plupart du temps, ce que je fais pacifie les esprits, ça ramène le calme, c'est peut-être la méthode coué, j'sais pas". Peut être, mais mieux vaut, en effet, ne pas savoir…

 

Note du jour : que nous n'aimons pas beaucoup, dans ces parages, le petit suffixe "com" : ni le commerce, ni le communisme, ni le communautarisme et, moins que tout, la communication; ce sont pourtant les maîtres-mots de l'époque -du moins, pour le communisme, sous les espèces de l'égalitarisme et de la "non discrimination" générale… Or, ce que veut dire ce cum en latin, langue dont il vient tout droit, c'est simplement avec. Ce que je récuse, en somme, c'est l'avec permanent, autrement dit le défaut de solitude, le "sans lien autre que soi", le soi de plain pied avec la création, cette solitude profonde qui est la condition générale de l'être, et manque tant à nos contemporains -bien qu'ils s'imaginent le contraire… En sorte que, de ma défiance pour la grande famille des com, je n'entends  nullement me défaire.

Publié dans Extraits du journal

Commenter cet article