Mercredi 22 septembre 2010; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Minuit; nouvelles chaleurs; tout à l'heure, suis allé faire visite à PL. Après ses longs tracas de santé qui l'ont tenue éloignée, notre chère voisine est de nouveau installée à Mirebeau; ai retrouvé cette joie des soirs d'été, traverser le jardin, avec des détours pour surveiller plantes, fleurs et  arbres, la bonne venue des tomates, des poires, des pommes, et désormais des pêches sur le petit pêcher qui, jusqu'à présent, était trop recouvert par le prunus pour donner ses fruits; puis traverser le jardin de PL, lui plus aéré, plein de ciel, où le clocher de Notre-Dame de Mirebeau se découpe à merveille, enfin traverser la rue Kléber, marcher quinze pas sur le bitume tiède et tranquille de la petite rue presque toujours déserte, tirer sa cloche qu'elle n'entend pas, pousser la porte rouge toujours ouverte et crier "Paulette!", de plus en plus fort jusqu'à ce qu'elle réponde "oui!", descendre l'escalier sombre et frais qui mène à sa cuisine, embrasser ses bonnes joues -et la joie de faire une causette en prenant un porto (cette fois droit venu du Portugal), dans un petit verre rococo posé sur la toile cirée jaune…

Affaires publiques ? Dix fois, chaque jour, me prend l'idée de noter une des innombrables aberrations de ce qu'il est convenu d'appeler la vie politique, telles qu'elles m'arrivent ici par les bulletins des radios, les sites amis, ou les revues (j'ai renoncé à tout quotidien), mais ils sont trop accablants, ils décrivent un monde trop loufoque dans son obstination à se détruire que je n'en ai plus la force.

 

Publié dans Extraits du journal

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