Mercredi 22 juillet; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Deuxième hypothèse trop rarement dite (impossible de finir mes entrées en ce moment, où je suis dérangé à chaque instant) : un empire, surtout quand il est menacé et que se multiplient les signes de son déclin, doit constamment faire la guerre; pour des raisons psychologiques d'abord, aux fins de montrer qu'il peut intervenir par les armes où que ce soit de par le monde; pour des raisons plus politiques aussi, la guerre étant le meilleur moyen de constituer autour de lui son armada, pudiquement dénommée son "alliance", c'est ce dont est aujourd'hui la France de l'affidé Sarkozy, laquelle n'aurait aucun motif, sans l'aliénation de son Président de la "République" et d'une partie de son présent "Gouvernement", de se lancer dans l'aventure afghane; pour des raisons militaires aussi : tout empire doit entretenir ce sur quoi il repose, l'armée, et pour cela l'employer sans répit, l'exercer et surtout tester ses nouvelles armes. Je pense en particulier aux fameux drônes, ces avions sans pilotes qui multiplient les bavures (c'est à dire tuent des civils, plus d'un millier dans l'année 2009, ladite population civile basculant à mesure dans le soutien à la résistance talibane, mais peu importe), et qui ont en réalité des pilotes, lesquels, simplement, se trouvent  à des dizaines de milliers de kilomètres dans un centre de commandement situé, je crois dans l'Alabama. Pouvoir torpiller n'importe ville, n'importe quel village de l'univers depuis son fauteuil, l'instrument que promet ce prodigieux bijou de l'empire méritait d'être testé : il fallait une bonne occasion pour pouvoir le faire, des années durant. Ainsi j'imagine pour d'autres armes révolutionnaires, et de moins connues : autre but de guerre, qui s'ajoute au premier mais n'est pas moindre.

Troisième but de guerre, plus secret encore, mais plus profond, plus dramatique et plus décisif : non seulement un empire a constamment besoin de la guerre, mais il se nourrit d'elle, elle lui est nécessaire, et il lui est même nécessaire pour pouvoir la faire où et quand bon lui semble, de trouver un grand ennemi, si possible disséminé dans le monde entier (l'intégrisme musulman jouant le rôle nourrissant que jouait jadis le communisme, que Washington voyait même où il n'était pas, en sorte que l'on pourrait dire que l'anti-islamisme est le communisme du XXIème siècle), tout cela….

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