Mercredi 18 novembre 2009; Paris

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Le diner d’hier, dit de l’Europe des réalités, avec une poignée de bons esprits et une douzaine de parlementaires m’a un peu déçu, et je ne crois pas être le seul. Le désoeuvrement des parlementaires, dessaisis de tout, que je voulais avec les excellents Philippe Marini et Thierry Mariani, frotter à ce qu’il reste de plus solide dans l’intelligence française, se confirmait de minute en minute, avec elle mon accablement. L’Europe était le sujet, plus exactement : l’Union européenne accomplit-elle la vocation de l’Europe ? ; Finkielkraut et Thibaud ont cherché à problématiser, mais on vérifia vite la bonne et règle qui veut qu’un orateur est d’autant plus brillant que l’est son auditoire. Philippe Cohen, Maxime Tandonnet, Dominique Souchet dirent de belles choses, assez raides, qui chacune condamnait l’entreprise UE ; d’un manière générale,  les interventions des parlementaires étaient empreintes d’une bonne dose d’euroscepticisme - ce qui était leur cœur, mais ne les avait pas empêché de voter le traité de Lisbonne il y moins de deux ans ; on voyait bien que la plus puissante inspiration d’un élu consistant évidemment, non point à sauver la France contre tous, mais à garder son siège…

 
La plus simple évidence sur le sujet dit « Europe », que la politique n’a pas plus noble fonction que de permettre aux hommes de participer au monde et à l’histoire, que pour cela il leur faut un instrument, une voix dans le monde, que l’on ne peut en choisir plusieurs, surtout s’ils sont concurrents et se contredisent, et que, une fois écartés les appartenances de substitution (aussi bien les communautés ou les régions que l’Union européenne ou l’empire d’Occident, ou l’évanescente « citoyenneté mondiale », aucune de ces instances n’étant un instrument de participation sur lequel ait prise un citoyen), il ne reste que la nation, cette simple évidence glisse ici comme l’eau sur le canard.  

 

Publié dans Extraits du journal

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