Mercredi 10 novembre. Sur le travail clandestin et la lutte des classes.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Soirée à Paris, sur la route de Compiègne où le sénateur-maire Philippe Marini  m'invite à assister aux cérémonies du 11 novembre dans la clairière de Rethondes -et à prendre la parole sur l'autre 11 novembre -celui de 1940, marquée par l'extraordinaire manifestation patriotique de jeunes français, étudiants et lycéens remontant les Champs -Elysées au nez et à la barbe de l'Occupant.

Avant l'émission de Courtoisie, où je rejoins Marie-Josée Strich, court dîner solitaire, comme je les aime, dans un petit restaurant du XVIème arrondissement. Placé comme je le suis, j'aperçois très nettement les cuisines : il ne s'y voit que des employés manifestement asiatiques -le restaurant ne propose pourtant aucun plat asiatique à son menu. A l'évidence, il s'agit de clandestins, bien entendu payés au lance-pierre. Cela au vu et su de tout le monde : tant pis pour le chômage, le droit social, le droit tout court, tant pis pour la loi, tout cela disparaît pour ainsi dire officiellement. Et ce qui apparaît, à la place, par touches, est une vision de cauchemar : nous admettons que tous les emplois délocalisables quittent nos rivages et nous acceptons tout autant que les emplois qui ne sont pas délocalisables (restauration, bâtiment, commerces…), soient occupés par des clandestins, substitution qui encourage une immigration à tous égards destructrice. Je me suis étonné depuis longtemps que ces phénomènes, qui ne sont qu'une  nouvelle traduction de la lutte des classes,  restent incompris de la gauche française, prise au piège, une fois de plus, de son internationalisme béat. Mais il y a pire : la mort lente, la destruction d'emplois, de richesses, de civilisations, nous les connaissons et nous l'acceptons tous, dans le désert de la parole, de l'Etat, de la Loi, de tout souci de nous-mêmes.

Le suicide d'une nation est aussi écoeurant que celui d'une personne qui se pendrait devant soi, sans que personne n'agisse.  Je file dès après l'entrée…

Publié dans Extraits du journal

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