Mardi 8 décembre ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Ratissage de feuilles, pour éviter qu’au printemps les mousses n’envahissent le jardin : excellent exercice d’automne.

Sur l’identité, le président de la république a pris la plume : mais, selon toutes les apparences, sa problématique est toute entière religieuse, c’est à dire, quoi qu’il s’en défende, communautariste. Poursuivons donc, justement, sur le vrai sacré français, la langue. Je vois mieux de jour en jour que la langue est à ce point la clef de voûte de l’identité qu’elle porte presque tout le reste, en ses mots mêmes : nos principes politiques (par exemple notre fameuse laïcité, intraduisible hors des langues latines, et encore…), un humus culturel qui tient en grande partie dans notre littérature, la France étant le nation littéraire par excellence, par là notre imaginaire, et l’archétype d’un idéal humain : en France, les écrivains comptent  bien davantage que les politiques (raison pour lesquelles chacun d’eux se sent obligé d’écrire, oud e faire écrire…), comme si l’autorité procédait des mots. Bien des développements s’ouvriraient ici,  comme je l’ai fait dans un livre dont le titre résume je crois le débat d’aujourd’hui, Être et Parler français ; qu’on veuille bien observer seulement  l’incohérence d’un gouvernement qui ouvre un grand débat sur l’identité et qui cependant corrompt de tous cotés le « sacré-laïc » qui l’a fondé une fois pour toutes ; qui entend imposer l’enseignement de l’américain dès les petites classes, alors même que la langue maternelle est loin d’être acquise,  et qui, contrairement à ce que prétend une vulgate intéressée ne fait qu’en compliquer l’apprentissage ; qui autorise, voire encourage ses ministres à s’exprimer en américain dans les instances internationales, à commencer par celles de l’ONU ou celles de Bruxelles, où pourtant les dispositifs de traduction et d‘interprétation sont prévus ; qui encourage par la voie du ministre des Universités les enseignements dits spécialisés (en fait une très large palette), en américain, dans un nombre croissant de nos universités et des grandes écoles ; qui abandonne à son sort l’enseignement de l’histoire nationale, dont la langue est l’ossature et la clef, qui laisse aller à vau l’eau les productions françaises, cinématographique ou télévisuelle… Ainsi de suite : on voit clairement que la menace sur l’identité, si celle-ci tient bel et bien à la langue et à ce qu’elle porte, n’as pas de rapport direct avec l’immigration, si ce n’est que l’on complique à mesure l’intégration des nouveaux venus, des immigrés de première ou deuxième génération et de tous les enfants français en général, laissant s’effriter le socle de la nation au bénéfice d’une langue, c’est à dire d’un imaginaire, d’une cosmogonie et finalement d’une politique dominante.

On s’étonne que ce cœur du sujet soit si soigneusement évité ces jours-ci, comme l’est le second volet de l’Être Français, ce vouloir agir ensemble dont l’autre nom est la souveraineté : continuons donc à ouvrir la « boîte de Pandore »….

Une surprise de l'INA
http://www.ina.fr/video/CAB87031227/plateau-paul-marie-couteaux.fr.html
trouvée sur le blog http://blogrepublicain.hautetfort.com/

Publié dans Extraits du journal

Commenter cet article