Mardi 6 avril 2010 ; Poitiers.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

A Poitiers toute l’après midi pour des riens, ou des bêtises. Cette ville pourrait être admirable, elle l’est à bien des égards et d'abord pour son site étrange, un plateau entouré de tous cotés de brutales dépressions. Sur ce promontoire, qui, vers le jardin de Blossac fait un véritable belvédère, de multiples églises, chapelles et baptistères, des petites rues qui serpentent ou déclinent plongent dans le Moyen Age ; mais d’où vient cette atmosphère de tristesse ? « Une ville de couvents » me dit un quidam. Certes, elle a l’allure ecclésiastique ; mais on ne voit, chez les habitants, nulle trace de sanctification, c’est le moins que l’on puisse dire – et nulle trace de la plus minimale bourgeoisie ; excepté deux vieilles dames en chapeau, assez bien mises, et qui faisaient plaisir à voir, avec leur parapluie, je n’ai vu que des corps avachis, habillés à l’ordinaire, chaussures en plastiques et vêtements coupés chez Taiwan : universel contraste entre splendeurs passées et laideur contemporaine…


A propos de laideur contemporaine, on s’enfonce ces jours-ci dans ce que la culture pipole a de pire, de pire surtout quand elle s’installe au sommet de l’Etat : voilà qu’une copine de Cécilia, l’ancienne femme de Nicolas, une certaine Rachida, personnage de pâle envergure qui n’en fut pas moins Garde des Sceaux, est accusée de répandre des rumeurs sur Carla, actuelle « première dame de France ». Entre les Rachida, Carla, et Cécilia, auxquelles s’ajoutent l’incontrôlable Fadela et la turbulente Ramatula, il n’a pas de chance avec toutes ces femmes, le pauvre petit Nicolas ; sans doute fallait-il s’y attendre, depuis que la caillera s’est installée à l’Elysée…


Retour à Mirebeau assez tôt, heureusement, pour attraper un beau soir sur la terrasse, au soleil couchant. Lecture de « De Gaulle à la lumière de Lacan » de Cécile Meier : encore quelques éclairages nouveaux ; je n’en aurai jamais fini avec de Gaulle, qui continuellement ouvre des fenêtres sur tous les horizons. Je souris en pensant à la réplique qu’il eut un jour, quand Chaban-Delmas crut bon de venir s’expliquer à l’Elysée sur certaines rumeurs relatives à sa vie conjugale (la « nouvelle société » pointait déjà) ; de Gaulle l’écoute sans rien dire et, le raccompagnant, lui lâche devant la porte : « Ce sont des choses qui n’arriveraient pas dans mon ménage ».

Comment avons-nous pu, de si haut, tomber si bas ?

Publié dans Extraits du journal

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