Mardi 5 janvier ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

J’apprends par « Lectures françaises », qui cite la Lettre mensuelle de la Fondation Jérôme Lejeune de juillet 2008 que, cette année là, « le parlement britannique a autorisé la création d’embryons hybrides, humains-animaux, issus de l’intégration d’ADN humain dans des ovules d’animaux.  Conçus à des fins de recherche, ces hybrides doivent être détruits au bout de 14 jours de développement et ne doivent pas être reimplanter (…) Dès Juillet 2008, la HFEA (Human Fertilisation and Embryology Authority) a donné son feu vert à la création d’embryons d’hommes-cochons. Après les embryons hommes-vaches, et homme-lapin (nb : il n’y  a pas de majuscule, ici, à « Homme »), c’est la troisième sorte d’embryons hybrides agréées en Grande Bretagne ». La Chine, désormais spécialiste des manipulations génétiques les plus audacieuses, grande innovatrice quant aux méthodes modernes d’eugénisme, aura donc montré l’exemple, pour ainsi dire et le monde entier suit, y compris le monde chrétien – du moins le « chrétien protestant », Etats-Unis, pays scandinaves et Grande-Bretagne qui s’est déjà illustrée en matière de rupture avec l’ordre des choses en transformant, bien entendu à des fins commerciales, des bovidés en carnivores, fameuse affaire des farines animales. Tout le monde s’y met, et je ne peux pas ne pas penser à l’énorme phrase de Primo Lévy, selon lequel l’humanité est désormais comme prisonnière de la recherche : ce que la recherche trouve, il faut l’appliquer – et tout est possible dès lors que le gain commercial vient donner son onction. Sans doute peut-on faire semblable raisonnement à propos des fameux OGM.

A cela, qu’opposer, sinon la nature des choses, cette nature des choses qui est l’un des plus vieux paradigmes de la cosmogonie chrétienne et qu’invoque souvent le Général –qui dit un jour à Claude Guy : « Ne prétendons pas changer la nature des choses » -j’avais relevé ce point dans mon premier tome, à propos de sa récurrente formule, « les choses étant ce qu’elles sont » . Mais il faut pousser plus loin inclure cette foi, ce respect de la création, de l’essence de chaque chose (un vache est un herbivore, un lapin un lapin, un Homme un Homme), dans la Certaine Idée – ici dressée face à un certain type de menace du monde techno-marchand, dressée plus clairement que jamais en face des grandes menaces  sur l’humanité de l’Homme, grande affaire du siècle –et peut-être grande cause de la France…

Notre labeur d’aujourd’hui consisterait donc, décidemment, à confronter nos héritages, ce que résume pour nous les mots de gaullisme, de patriotisme, de souverainisme, ou la fameuse « certaine Idée de la France »  aux  conditions du XXIème siècle, et plus précisément à ce qui occupent l’esprit et les cœur des hommes, ses menaces. Rien ne saurait être plus clair que cette éclairage de l’Idée de la France sous la lumière des menaces du temps –qu’est ce que la politique sinon la réponse aux menaces, et la prévention des violences qui peuvent en naître ?

Publié dans Extraits du journal

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