Mardi 22 mars. - Le résultat des cantonales donne tout son sens à la motion d'orientation adoptée samedi par la Convention du RIF...

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

...que nous laissons sous embargo jusqu'à la fin de cette très locale séquence. L'essentiel n'est pas à huit jours près : il faut déverrouiller le système partisan français, complètement obsolète ; et, pour commencer, réinsérer dans le jeu le Front National devenu une force populaire jeune, manifestement dotée d'une force d'entraînement dans l'opinion. Et d'ailleurs comment prétendre réunir les patriotes contre les oligarchies financières, européennes et mondiales, en excluant Marine le Pen ?

A lire les résultats du premier tour, il est évident que le Front National, bien qu'il soit en voie de réorganisation et n'ait pas présenté autant de candidats qu'il ne l'a fait lors de la précédente consultation cantonale, gagne en poids dans un grand nombre de régions, comme auprès de catégories différentes de la population. Sa présidente n'est pas contestée, comme on aurait pu croire qu'elle le serait au sein d'une formation pourtant en voie de rénovation rapide; elle est assez jeune pour capter l'esprit du temps, un temps progressivement délivré des tics soixante-huitards qui ont plongé gouvernants et gouvernés dans l'irresponsabilité chronique. Tout en parlant neuf, elle paraît déjà assez expérimentée pour retourner à son profit les thèmes de l'adversaire - voir l'audacieuse formule "le Front Républicain c'est nous", impensable il y a quelques mois encore, mais que beaucoup, sur divers bancs, commencent à prendre au sérieux. La réussite de la rénovation est nette ; dès lors, l'évolution de notre paysage politique est fort prévisible : le PS ne peut gagner l'an prochain qu'en faisant une large part à ses partenaires, aussi divers soient-ils; et de même l'UMP ne peut tenter de se sauver (sinon à la présidentielle du moins au Législatives), qu'en faisant elle aussi l'unité à droite, c'est à dire en concluant des accords, au moins de désistement, au second tour, avec Mme Le Pen. C'est ce que commence à comprendre une part croissante de son électorat et, même s'ils n'osent pas toujours le dire à haute voix, quelques uns de ses caciques. La nécessité d'un tel accord ressort désormais de l'évidence. Reste à savoir si Mme le Pen, désormais en position d'arbitre,  cherche à débaucher  ici ou là, ou bien à se reconnaître autour d'elles des partenaires authentiques dans le but de créer une large Union des Patriotes,  et, finalement, de prétendre au  gouvernement. C'est la seule question qui reste pendante.

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