Mardi 22 décembre 2009 ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Copenhague : rien n’y fut décidé, sinon de « garder le contact ». Cependant,  après un jour ou deux d’accablement, le nouveau mot d’ordre s’installe sur toutes les ondes : « Pas si mal ! Pensez donc, l’Inde, la Chine, les Etats-Unis même ont signé le communiqué final… ». Tout cela dans le but manifeste de masquer la réalité impossible à dire, et dangereuse à diffuser : le plus grand pollueur de la terre, le peuple des Etats-Unis ne veut entendre parler de rien : non seulement son gouvernement (celui de M. Bush comme, depuis près d’un an, celui de M. Obama), n’a pas signé le protocole de Kyoto, mais encore, depuis que celui-ci fut malgré tout adopté, les émissions par ce noble pays de « gaz à effet de serre » ont augmenté de 20%...

Or, ce n’est pas là simple conséquence du poids qu’ont les groupes de pression industriels sur le gouvernement de Washington. Il y a une seconde raison, beaucoup plus glorieuse. Comme l’a montré Jean-François Colosimo dans son « Dieu est-il Américain ?»  (un ouvrage qu’il me faudrait relire, tant il est riche), la santé, la force, la prééminence des Etats-Unis est le signe de la magnificence de Dieu sur la terre. On n’a pas beaucoup lu Saint Augustin outre-Atlantique, et l’on ne voit pas l’Histoire comme le dévoilement de la vérité de Dieu par l’humanité toute entière. Dans ce messianisme pur et parfait qui tient lieu de religion au peuple états-unien, tout ce qui entrave la prospérité de cette Terre promise, « l’Amérique » est une insulte à Dieu, et Dieu  triomphe quand les Etats-Unis réalisent sur la terre cet idéal de prospérité accomplie qui est, pour les protestants, le témoignage de la Lumière d’En-Haut au milieu des remugles du pauvre monde : il peut s’enfoncer dans le chaos, ce pauvre monde, nulle importance aussi longtemps que les Etats-Unis seront sauvés. Que sombre donc la planète…

Publié dans Extraits du journal

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