Mardi 2 février, en l’éternel Mirebeau. - Et quand on n’écrit pas, qu’est ce qu’on fait ?

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Aller en Egypte, comme me le proposait A.F-A ? Hier, au téléphone sa phrase : « viens donc te reposer, ta cabine est prête ! » -il vit à Louqsor sur une somptueuse felouque-, m’a transpercé de rage. Quitter mon ignoble bureau serait une abdication à laquelle il est impossible de me résoudre. Et pourquoi irais-je me reposer, alors que je n’ai rien fait ? Et pourquoi aller en Egypte plutôt qu’au Maroc, où m’attend FK et la belle famille ? Ou bien à Tozeur, où  J-Y. A. me propose une tentante villa en bordure de la palmeraie ? Ou plutôt à la montagne, où personne ne me propose d’aller, et qui est pourtant le seul genre d’endroit qui me consolerait –où je pourrais écouter Malher tout mon saoul, lire dans une chambre recluse, au fond d’un petit chalet tout emmitouflé dans la neige, dans la perdition outrée d’une foret blanche; où, qui sait, je pourrais peut-être écrire? Tout cela, de pures et simples désertions ; mais c’est aussi déserter que de dormir, ou lire au lit n’importe quoi…

Publié dans Extraits du journal

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