Mardi 1er décembre ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Jour de tristesse ; au réveil, ce matin, j’ai aussitôt pensé que l’entrée dans le mois de décembre, fort grise ces jours-ci, était aussi l’entrée en application de la Constitution européenne, faussement révisée Lisbonne. Comme je l’ai écrit ces derniers jours, tandis qu’approchait la sinistre date, ce 1er décembre marque sans discussion possible la fin d’une bataille, qui débuta en 2001 avec la « Grande Convention » présidée par Valéry Giscard d’Estaing, que  nous avions d’abord gagnée à la loyale, le 29 mai 2005, mais que la supercherie de Lisbonne, autrement dit la fourberie de nos adversaires, nous  nous a finalement fait perdre. Le temps et l’énergie ainsi gaspillés au vent, je ne les regrette certes pas : que d’enseignements, que de rencontres, que de résolutions s’en nourrissent à présent – pour aujourd’hui et pour demain…

La Constitution entre en application, et nous en résistance : c’est une nouvelle période de la vie, que d’autres batailles marqueront, qui dévoilera d’autres horizons, fera paraître d’autres cœurs, et sans nul doute illustrera d’autres mots, d’autres talents, et d’autres armes. Déjà nos adversaires montrent de pâles visages, on les dit irrésolus et divisés ; ils sont sournois et gris : sans nul doute possible, ils ne sont pas prêts pour la revanche ? Nous le sommes.

Nouvelles armes ? Pour commencer, je vais prendre au sérieux cet instrument ambigu mais puissant, internet, que je n’ai jusqu’à présent que trop peu utilisé. Mais je vois bien sa porté : un court entretien vidéo accordé à l’Express au cours de la campagne du printemps dernier (voir for intérieur du 19 novembre), m’a valu ces derniers jours plusieurs appels de journalistes, français et étrangers, entretiens et émissions de radio : c’est que l’instrument porte. Sans doute reprendrai-je la série des vidéos que de vaillants militants m’ont permis de faire au début de cette année ; sans doute dois-je aussi, à partir de ce jour, tenir plus régulièrement mon bloc-notes, ce for intérieur qui succède au défunt Journal de Babylone ; sans doute faut-iil mieux soutenir le rythme des Cahiers de L’Indépendance ; peut-être devrons nous inventer d’autres mots, parler plus nettement, affirmer sans ambages qu’il n’est plus d’autre issue que de sortir d’une machine européenne sur laquelle tout a montré que, décidemment, les peuples n’ont plus aucune prise, que rien ne peut la faire dévier de sa course à la supranationalité, à l’effacement des nations, des peuples, des démocraties – qu’elle est irréformable, et donc perdue pour elle-même.

La Providence pourvoira au reste : nous avons des armes, et d’abord celle de nos certitudes : que l’Idée de la France, l’indépendance de la nation, la souveraineté de l’Etat, la pérénite de la civilisation, que la France, en un mot, appartient à l’histoire, ressort à un autre registre du temps, et qu’il est donc impossible qu’elle périsse – et nous avec elle, si nous savons la servir.

Publié dans Extraits du journal

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