Mardi 19 octobre. Marie-France Garaud et les parlementaires; l'Allemagne souveraine, la France à la traîne; rappelez-moi Rapallo…

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Chez Lipp, dîner du cercle "Europe des réalités" ; nous recevons Marie-France Garaud dont le dernier livre "Impostures politiques" rappelle quelques fondamentaux : quels sont les atouts de la France ? Comment les jouons-nous ? Ce genre de questions n'a pas l'air d'être au menu ordinaire des réflexions de ses hôtes, en majorité parlementaires, qui, toujours le nez sur le guidon, posent des questions sur tout autre chose -on en vint bien entendu à l'inévitable réforme des retraites… Pourtant, le grand thème du livre est l'un des plus préoccupants du jour : la renaissance de l'Allemagne, adossée à une permanente pétition de souveraineté, toujours discrète ("les Allemands ont enfin compris que la puissance ne devait pas être voyante"), mais néanmoins rappelée par la décision du tribunal suprême de Karslruhe en juin 2009 -subordonnant les applications du traité de Lisbonne à l'examen en dernier ressort du Parlement allemand. Trois titres de chapitre donnent le point de départ : "la souveraineté française muselée"; la "souveraineté allemande instituée"; "du déséquilibre des rapports de force". Nul ne semble s'inquiéter, autour de la table, et pas davantage quand elle montre que "Washington joue l'Allemagne" ou rappelle Rapallo -d'ailleurs, les participants n'ont pas l'air de savoir très bien de quoi il s'agit… "Rapallo ? rappelez-moi" -l'accord par lequel la jeune Russie soviétique aida l'Allemagne à réarmer dès les années 20 ne disait rien à personne. Je crois revoir défiler les thèses de ma vieille "Europe vers la Guerre" -et l'une de mes plus solides certitudes sur le rôle que jouent dans l'Histoire la bêtise, l'inculture et la paresse des élites…

 

Rentré chez moi accablé de chagrin : on voit chaque jour, à l'œil nu, comment la France s'effondre : par l'incompétence, et corrélativement la rapacité de ses élites et l'universel 'après moi le déluge" -ou simplement leur terrible manque d'amour…

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