Mardi 15 mars. Paris. - Le RIF et son rôle. Le cas de M. Borgès.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Hier, préparation de la prochaine convention du RIF  avec et Alain B. et Jean R., excellent homme  que je compte faire nommer vice-président à cette occasion -il faut renforcer l'organigramme du RIF, l'heure est venue de faire mouvement, je crois…

 

M. Strauss-Kahn, grande figure socialiste et bancaire, reste sourd à la colère des électeurs irlandais ou des manifestants grecs, et continue du haut de son FMI, de prôner des recettes économiques inspirées par la réussite de l'Allemagne comme la rigueur salariale, la diminution des droits, etc.... La semaine a été marquée en Grèce par une grève générale et de violents heurts entre police et manifestants, comme elle le fut, en Irlande par le vote sanction contre le gouvernement (qui n'obtint que 17% des voix…) Pour autant le FMI n'en démord pas: ces deux pays doivent suivre le programme économique d'austérité qui accompagne des prêts de 30 milliards et 22,5 milliards d'euros respectivement.Vendredi, dans un entretien avec le magazine interne du FMI, le nouveau directeur du département "Europe de l'institution" schraussecanisée, Antonio Borges, a loué l'exemple de l'Allemagne, son "effort extraordinaire pour restaurer sa compétitivité, la consolidation des finances publiques et du système financier, en particulier le système bancaire". Le FMI désigne concrètement par ces termes l'arrêt de la progression des salaires, la réduction des dépenses de l'Etat, et la priorité au redressement des comptes des banques européennes sans demander de sacrifices à leurs créanciers. Ces mêmes banques ont pourtant encouragé Grecs et Irlandais à s'endetter au-delà de leurs moyens, a reconnu M. Borges. "Un niveau élevé de dépenses a été financé par le biais d'emprunts à l'étranger, qui a bénéficié à certaines entreprises locales, mais ce n'était pas viable", a-t-il souligné.

 

M. Borges est bien placé pour parler de ces prêts de banques étrangères à des pays comme la Grèce ou l'Irlande, qui paie les colossales erreurs des banques irlandaises dans la spéculation immobilière: de 2000 à 2008, ce Portugais était l'un des cadres dirigeants de la filiale londonienne de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs. En 2001, Goldman Sachs avait discrètement conclu avec la Grèce un accord qui allait faire scandale neuf ans plus tard.Sous le couvert d'une transaction de produits dérivés de devises, Athènes avait reçu des liquidités immédiatement en cédant des recettes budgétaires futures. Le montage avait opportunément réduit la dette publique de la Grèce juste au moment où elle rejoignait la zone euro. Interrogé sur le parcours de M. Borges, un porte-parole du FMI a répondu qu'il était "publiquement connu qu'il avait passé huit ans chez Goldman Sachs".

 

Le dirigeant du "FMI-Europe" fut le collègue chez Goldman Sachs International, de l'homme d'affaires et homme politique irlandais Peter Sutherland.En octobre, un blog britannique révélait que Goldman Sachs faisait partie des créanciers d'une des banques nationalisées par l'Irlande, Allied Irish Banks. Le parti catholique Sinn Féin, majoritaire chez les électeurs nord-irlandais mais minoritaire en République d'Irlande, avait alors dénoncé la campagne de M. Sutherland auprès de la classe politique à Dublin pour protéger les intérêts des créanciers des banques irlandaises. Et tout ainsi…

Publié dans Extraits du journal

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