Mardi 13 septembre 2011

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

L'un des charmes de l'activité politique (qui n'a certes pas que des charmes), est la grande diversité des rencontres qu'elle offre sans cesse. Avant-hier, à Nice, pour les "journées d'été" MLP", l'ambiance était bonne -je veux dire : j'ai rencontré beaucoup de bonnes gens, ce qui est encourageant pour la suite.

Depuis que j'en fais, comme on dit, la politique m'a permis de croiser la route de personnes extrêmement diverses : il y a les doux dingues que, je ne sais pourquoi, les partis attirent toujours; il y a les monomaniaques, tels ceux pour qui l'engagement politique consiste à faire valoir un dada : l'une veut faire interdire l'exposition de compositions dites "d'art contemporain" dans le château de Versailles et, en toutes circonstances, ne vous parle que de cela; d'autres répètent comme un gri-gri le mot de République, mettant souvent celle-ci au service d'une seule cause, l'intégration des immigrés ou des Français qui en sont issus; d'autres ne voient rien de plus urgent que de lutter contre l'islamisme sous toutes ses formes, y compris en transformant du tout au tout notre politique étrangère; d'autres répètent sans fin telle ou telle idée géniale, qu'ils présentent souvent comme la solution miraculeuse à tous nos maux, notamment économiques -j'ai par exemple essuyé un gros stock de partisans de la TVA sociale, fut un temps… D'autres ne vous parlent que de la réforme du système de santé, ou de la détérioration de l'environnement, se focalisant souvent sur un seul point -par exemple les dangers des antennes paraboliques... Il y a aussi de braves gens qui, s'élevant à des considérations plus globalement politiques, n'en maîtrisent manifestement que peu de données. Comment ne pas comprendre les uns et les autres -d'autant que, en général, chacun a raison sur le fond de son obsession, les dadas des uns etd es autres n'étant pas incompatibles, heureusement. Mais très peu s'ouvrent à ce qui est la politique dans son essence, une pensée de l'Histoire et du monde d'abord, qui désignent ce qui est nécessaire, ce qui est possible et ce qui est impossible; une pensée d'un ordre pour le monde, ensuite, notamment d'un équilibre entre les nations  propre à sauvegarder la liberté des peuples, c'est à dire leur existence même; enfin, une pensée générale de ce que sont, dans le fil de cette histoire et dans les évolutions de ce monde, l'intérêt et la mission de la France. A ce niveau,  l'encombrement se clarifie.

Pour certains la conscience et la connaissance de l'art politique est au contraire très sérieuse, et pour moi fort enrichissante, après les livres et leurs réflexions solitaires -d'autant que, chez certains, y compris des jeunes gens, cette connaissance est admirable. C'est ainsi que, à Nice, j'ai retrouvé Julien Rochedy et ses amis des "Jeunes pour Marine", tous très au fait de la situation de la France et des périls que son peuple va devoir affronter. De même, j'ai  rencontré à plusieurs reprises, au cours de ce séjour niçois, l'étonnant Gaël Nofri et sa femme qui me semblent avoir l'un et l'autre un flair politique, une intuition que l'on n'attendrait pas de si jeunes personnes.  Je garde aussi l'excellent souvenir d'un déjeuner avec Catherine Rouvier, qui vient d'entrer au RIF (nous n'avons jamais autant recruté, et de si honorables personnes) et l'un de ses amis, grand financier dont je n'ose dire le nom dans pareil cadre, mais dont la vue porte loin -il veut bien être candidat en juin : merveillosa !  Je les retrouve le soir dans le train : je doute  que conversation politique ait été cette année aussi instructive. Comme Montherlant le faisait dire à je ne sais plus quel personnage : "la vieille ne voulait pas mourir, car elle en apprenait tous les jours".

Publié dans Extraits du journal

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