Mardi 13 avril 2010 ; Paris.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Je reviens à l’imposture des débats organisés par les services publics ; le manquement à l’impartialité est très net quand on décrypte l’émission vendredi, dont un ami, exaspéré par le meneur de jeu a chronométré les prises de parole. Voilà ce qu’il m’écrivait hier sur internet, et que je colle ici tel quel :
« Sachant que le « débat » a duré 29 minutes, le premier tiers fut accaparé par le couple hautement féministe, et accusatoire Nasreen/Fourest  (7’03 pour la première, 2’35 pour la seconde, soit 9’38, le tiers en effet) : d’abord un reportage consacré au courage de la « combattante de la liberté » suivi d’un entretien avec elle, d’autant long qu’il fallait traduire; vint ensuite un long développement de C. Fourest, qui vous égratigne au passage en évoquant le « milieu que connait bien M. Coûteaux, celui des intégristes, des royalistes et des divers extrémistes » Vous auriez dû couper, mais c’était s’exposer à être coupé à votre tour. Mais après ce long hors d’oeuvre, c’est à Vincent Geisser que Giesbert donne la parole ; il a droit à 2’35 sans interruption, après quoi vous demandez mais c’est à C. Fourest que le meneur de jeu la donne de nouveau, lui demandant de répondre à Geisser, occasion d’une prise de bec entre eux, à laquelle personne ne comprend rien. La moitié de l’émission est passée, vous demandez une deuxième fois la parole : elle est donnée à Esther Mumbassa, vous protestez, commencez à intervenir, mais vous êtes coupé net par Giesbert qui vous promet (sic !) que vous parlerez ensuite, la dame glissant que vous devez trouver qu’il y a trop de femmes autour de cette table - évidemment, vous reculez  à juste titre : pas de vagues sur ce thème. E. Mumbassa dispose alors de 2’12 sans interruption : ce n’est qu’après elle (soit après 18’20 d’émission, près des deux tiers) qu’il vous est enfin possible de vous exprimer. Mais vous êtes coupé au bout de 32’’ par Caroline Fourest ; vous continuez, mais douze secondes plus tard elle ricane bruyamment, vous protestez, Giesbert parle à son tour, puis Vincent Geisser, que l’on voit sur l’écran mais que l’on ne comprend pas, puis vous reprenez votre fil, vous êtes coupé de nouveau, au bout de 28’’ par Esther Mumbassa, qui vous parle des guerres de religion ; puis par Giesbert de nouveau qui, entrant dans le débat contre vous, vous parle de Torquémada ; vous reprenez la parole et parvenez à dire non sans mal que « l’on fonde une société soit sur le fric soit sur la foi et que vous avez choisi la foi », bonne phrase, bien entendu, mais ensuite vous êtes coupé de nouveau  - pour la sixième fois. On revient encore à Fourest, puis à Geisser, qui de nouveau s’apostrophent sur l' UOIF, puis vient une question pour vous, (enfin, à 5’ de la fin) sur le général de Gaulle affirmant que la France est un pays chrétien : là, vous parvenez à parler sans interruption un  plus d’une minute. Au total, vous avez eu à peine 2’20 d’expression libre… »

Certes, le hourvari est si bien organisé que le spectateur moyen s’en aperçoit, ce dont j’ai plusieurs témoignages - une dame dans une pharmacie me parlait d’une émission scandaleuse », me félicitant d’être resté à l’écart et si tranquille. Je crois que la distance, qui permet au moins de dire en quelques mots l’essentiel était la seule façon d’échapper au piège ; mais l’indécence du service public, qui se fait un devoir de ridiculiser la religion, et principalement la chrétienne (multipliant les attaques contre le pape, son passé prétendu nazi, son prétendu refus des préservatifs, ses faveurs rendues aux prétendus intégristes, et les affaires de pédophilie dont fut émaillée toute la période pascale…) est tout de même consternante. D’abord parce que nul ne paraît imaginer ce que serait un monde sans foi, ce que j’ai eu le temps de glisser ; ensuite parce que le service public de l’audiovisuel tourne à l’insulte permanente de notre peuple. Quand enfin, exaspéré comme je crois le deviner, se vengera-t-il ? J’attends l’occasion, reste sur la scène, et prends date.

Publié dans Extraits du journal

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