Mardi 12 octobre 2010; le FPÖ autrichien; les boues rouges du Danube.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

A propos d'élections : avant-hier, le FPÖ, parti "populiste" autrichien, a obtenu 27,2% des suffrages à Vienne. Les analystes autorisés contemplent la modification du paysage politique européen avec des accents désolés : la montée du populisme n'est pourtant que la réponse au parfait mépris des oligarques à l'endroit du peuple, de tous les peuples, désormais réticents, pour la plupart d'entre eux du moins, devant la moulinette européenne. Comment ne pas voir que Bruxelles, cet "empire pacifique" disait Barroso, creuse sans cesse le fossé entre les gouvernements, qui n'en sont plus que les missi dominici, et les peuples ? Une autre raison a été avancée, samedi, au micro de Finkielkraut, par le sagace Jacques Julliard : à coté de la droite américaine et de la droite anglaise, la plupart des droites institutionnelles, notamment en France, sont à gauche; cette "anomalie" ajoute sans doute au réflexe populiste.


Sur le même sujet : j'apprends incidemment (la radio n'en a pipé mot) que le jeune parti hongrois Jobbik, qui se présente comme "nationaliste" et qui a remporté 17% des suffrages lors des élections législatives du printemps dernier, avait accru son score lors des municipales du 3 octobre, remportant la majorité en plusieurs villes du pays. C'est d'ailleurs ce parti qui "crache le morceau" sur les causes réelles de la rupture d'un bassin de stockage de "boues rouges" toxiques dans une usine d'aluminium de la région d'Ajka, accident qui a provoqué la mort de 7 personnes, a gravement brûlé plus d'une centaine d'autres, et provoqué dans le bassin du Danube une catastrophe écologique sans précédent. L'usine en question fut privatisée en 1997 par le gouvernement socialiste Horn, et vendue pour une bouchée de pain (l'équivalent de 40 000 euros) à des copains qui, accumulant ainsi des industries disparates, et n'ayant aucune idée de la façon dont fonctionnait chacune d'elle, n'y virent

que des "pompes à fric" dont ils s'occupèrent que de très loin. Ces grand oligarques enrichis en quelques années sont devenus assez puissants pour s'entendre avec les bureaux de Bruxelles : c'est ainsi que, en 2004, inexplicablement, les boues rouges furent sorties de la liste des produits toxiques, ce qu'invoquent à présent lesdits propriétaires pour excuser leur impéritie. Tout se tient -ou plutôt tous se tiennent.

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