Lundi 8 février 2010 ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

– A la Tribune des critiques, hier matin, sur France-Musique, cinq versions des Rückert Lieder ; les écoutant chacune (au détriment de mes saintes écritures, mais enfin…), j’ai retrouvé d’un coup l’espèce d’ensorcellement mahlérien qui me transportait tant, dans ma misérable chambre de cité universitaire des années 74-76 où je vivais comme un rat (et encore, je ne mangeais pas tout à fait à ma faim, à l’époque, alors que les rats, eux, ont tout l’art de n’avoir jamais manqué de rien), quand, sur le petit radiocassette que m’avait offert mon arrière grand’mère pour Noël, je passais du Lied des Erde aux Kinder Toten Lieder, et à ces Rückert que j’aimais et aime toujours par dessus-tout. Pourquoi me suis-je depuis lors tenu d’instinct éloigné de ces émotions, comme d’une facilité et presque d’un péché de jeunesse. Tout à l’heure, au lied « Ich bin der Welt », qui est pour moi l’un des sommets de tout ce que j’ai entendu dans ma vie, mon gouvernement n’était pas intact : bien terrible qu’il y a trente ans, tant se mêlait à l’étreinte du lied, celle des souvenirs…

Publié dans Extraits du journal

Commenter cet article