Lundi 28 février. Mirebeau. - Sur Marine le Pen

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Curieux comme revient souvent ces jours-ci, dans les conversations les plus anodines, le nom de Marine le Pen. Il paraît obséder les esprits -à mesure du désarroi ambiant. J'en déduis qu'elle est vraisemblablement très au dessus des 18 ou 20% qui lui sont actuellement attribués par les sondeurs -je verrais plutôt 25% et au-delà Si elle réunit plus du quart des électeurs, ce qui est loin d'être exclu à ce qu'il me paraît aujourd'hui, des bouleversements profonds sont à prévoir dans notre paysage politique, surtout "à droite" -ce que je me tue à écrire et répéter depuis un an, d'ailleurs.

En fait, ce qui donne toutes ces chances à la droite nationale (au vu de son discours, on ne peut raisonnablement parler d'"extrême-droite"), c'est que la droite parlementaire, qui est majoritaire, du moins au Parlement ,depuis 1993 (ère Balladur; ère Chirac, ère Sarkozy, la seule interruption étant le gouvernement Jospin 1997-2022) aura gouverné comme un manche ; que ce soit sur les sujets économiques, notamment agricoles et industriels, ou financiers et notamment budgétaires,  sur les politiques qui ont trait à la sécurité, au contrôle de l'immigration, de l'intégration, par dessus tout de l'Education, que ce soit en fin sur la santé de plusieurs services publics d'importance, comme la Justice, tout a empiré, et gravement. Ne parlons pas de la politique européenne après la gifle infligée au peuple par le traité de Lisbonne, ou de la politique étrangère qui, dans son ensemble, est profondément dégradée. Rien n'est satisfaisant- et tout est lamentable. Jusqu'à la morale publique, à la dignité de l'Etat, au langage, au style même, nous avons atteint le fond du fond. C'est évidemment sur cette véritable faillite de la droite parlementaire que s'instruit la progression de la droite nationale. Ceci n'exclut pas que la première, en cas d'échec lors de présidentielle de mai, rejoigne la seconde lors des législatives de juin -rend même la chose de plus en plus nécessaire.

 

 

 

 

Publié dans Extraits du journal

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