Lundi 27 septembre.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Plein automne, tombé cette année en quelques jours, avec une brutalité qui déprime mes bons voisins : "Pendant six mois, il va falloir enfoncer la tête dans les épaules" disait l'autre jour l'aimable MD. L'expression dit la tristesse de l'hiver dans notre pauvre coin perdu. Du coup, j'installe mes quartiers d'hiver, déplace mon bureau dans le salon, où la cheminée est plus grande que celle de la bibliothèque, et retrouve l'habitude ancienne de revêtir la veste spéciale avant de travailler : sorte de vita nova.

 

A propos : faisant du feu tout à l'heure, et froissant du papier journal, je tombe sur un vieux numéro de La Croix (pas si vieux : 29 août 2010), que j'avais acheté sur les conseils d'un ami, horrifié par un article sur "la hausse du vandalisme dans les églises ". On y lit que le ministère de l’intérieur "reconnaît" (sic) une augmentation très nette des « atteintes aux lieux de culte », chrétiens notamment. Sous-directeur de l’information générale (ex-renseignements généraux) au ministère de l’intérieur, Serge Guillen constate : " en 2008, 275 lieux de culte chrétiens ont été vandalisés (146 cimetières et 129 églises, chapelles ou calvaires). L’année suivante, les chiffres ont grimpé de 42 %, soit 389. Et pour le premier semestre 2010, nous sommes déjà à 288 actes recensés".

 

En février, après le pillage de l’église Saint-Michel de Morangis, en Essonne (huitième lieu de culte du département dans ce cas en quelques mois), Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry, s’est insurgé contre « le silence étourdissant des pouvoirs publics, des politiques et de la presse », quand il s’agit de dégradations d’églises. En avril, le député Louis Guédon (UMP) a lui aussi interpellé le ministre de l’intérieur sur les mesures qu’il « entend(ait) prendre pour protéger ces lieux chrétiens particulièrement visés (…) On ne peut que regretter le silence médiatique entourant les dégradations de sites chrétiens », soulignait-il devant l’Assemblée. Or, dans ses chiffres, poursuit la Croix, le ministère de l’intérieur ne comptabilise que les actes de vandalisme, et non les cambriolages d’objets d’art, qui font l’objet d’un recensement spécifique par l’Office central des biens culturels (OCBC).

 

Mgr Dubost a raison : le silence est assourdissant, à commencer par celui de l'Eglise. Ce qui gouverne notre monde c'est la peur, la peur de dire, et même de se rendre compte . Le fait est pourtant là, omniprésent : la haine qu'ont les martérialistes triomphants de la religion en elle-même (de toute religion, mais, parmi d'autres et venue de plusieurs côtés, la haine de la chrétienté tout particulièrement) a fini par échauffer les esprits, au point que rampe contre elle une sorte de guérilla. Ceux qui en sont victimes ont peur de la voir -et, s'ils la voient, ils n'osent la dire, c'est bien le pire.

Publié dans Extraits du journal

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