Lundi 22 mars 2010 ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

 Bien trop grand intérêt et, trop grande longueur de temps, donnés aux résultats électoraux, hier au soir et encore ce matin en allant dès potron-minet acheter les journaux. La politique me lâchera-t-elle jamais ? Je le voudrais sans le vouloir vraiment : de toute façon, étant donné l’état de la France, ce n’est pas le moment…
Michelet rappelait cette évidence oubliée, que la France pouvait aussi bien ne pas être. Parce qu’elle n’est pas une évidence de nature, elle ne tient pas toute seule : il lui faut une politique, et pour cela construire un cadre, un Etat, assis sur deux ressorts qui sont loin d’être donnés : la souveraineté, indépendance de l’Etat vis à vis des puissances, extérieures comme intérieures, et la légitimité, autrement dit le consentement populaire. Or, légitimité et souveraineté s’entretiennent ou s’usent l‘une l’autre : moins un gouvernement est souverain, moins il est légitime, et moins il est légitime, moins il a les moyens d’être souverain. Tout au long de notre histoire, ce couple fit « nos succès achevés » comme, s’il vient à se défaire, nos « malheurs exemplaires »,  menace qui nous guette depuis des années, et plus encore après les derniers scrutins : on ne peut être assuré d’un véritable consentement quand, aux 23 puis 21 millions d’abstentionnistes, il faut ajouter 4 millions de non inscrits, et un million de « blancs et nuls » (au second tour, 4,7%)  et que ce qu’il est assez dérisoirement convenu d’appeler la «majorité » obtient 15% du corps politique (7,3 millions d’électeurs sur 47,9 millions de Français en âge de voter), ce qui signifie que huit Français sur dix se défient d’elle, soit par indifférence soit par hostilité ouverte.

Dans ces conditions, impossible de gouverner, bien entendu.

Publié dans Extraits du journal

Commenter cet article