Lundi 13 décembre. Dijon.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Hier, escapade à Dijon pour une causerie organisée par un de ces petits cercles d'étudiants qui ne sont pas précisément de gauche, et même tout à fait de l'autre côté, qui, me semble-t-il, se multiplient en ce moment. Je serais Madame la Pensée Dominante, je m'inquiéterais. Ce n'est pas qu'il y eût grand monde -une quarantaine de personnes, ce qui pour une telle date et par un tel froid (- 5!), était assez satisfaisant; mais la qualité des auditeurs, leur jeunesse, plusieurs n'ayant pas vingt ans, leurs connaissances aussi, démentent tant l'image que l'on a des jeunes Français d'aujourd'hui que ce genre d'escapades m'enchante toujours.

Puis, dîner dans un drôle de restaurant dijonais, tapissé de livres -et, hélas de télévisions, pour faire du bruit. Nous sommes  six, dont un jeune prêtre de la Fraternité saint Pie V, doctorant en philosophie, qui me paraît d'une érudition vertigineuse; son principal interlocuteur ou compagnon de disputatio dans la région est un immam salafiste, d'origine marocaine, plus "réac" que lui encore s'il se peut, avec lequel il entretient des relations intellectuelles apparemment passionnées.  On ne sait qui va convertir l'autre et si le disciple de Mgr Lefesvre va devenir  salafiste ou si le salafiste va devenir chrétien, exégète et intégriste -si même ce n'est déjà fait.

Lever tôt, ce matin,  pour prendre le train  de 8 heures et me trouver au Pont Cardinet à 10. Par la fenêtre, jolis paysages de neige sur lesquels le jour avait peine à se lever au milieu de ses voiles et de ses brumes. Je n'aime rien tant que me lever tôt, et les longues journées qui suivent…

Publié dans Extraits du journal

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