Jeudi saint 2010 ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

L’approche de Pâques, si heureuse habituellement, est toute encombrée cette année par le souci sans cesse rappelé par les « informations », ou plutôt les déformations médiatiques de la pauvre situation de l’Eglise. C’est un déchaînement ininterrompu, tout fait balle contre Rome, et le Pape : complicité avec le nazisme, par sa personne  ou l’entremise de Pie XII en procès de canonisation ; complicité avec la pédophilie, provocations anti-musulmanes ou anti-homosexuelles ; incitations à la propagation du sida, etc… Tout cela le plus souvent venu de milieux non chrétiens, comme si toutes ces choses les regardaient… A moins qu’ils ne se sentent concernés, comme s’ils se sentaient appartenir malgré tout à l’Eglise ? Ou, hypothèse inverse, qu’ils la sentent assez affaiblie par l’esprit matérialiste du temps, pour relancer de plus belle la vieille guerre de trois siècles et donner l’assaut final ? C’est plutôt cela, je le crains, et vois très clairement la possibilité affreuse d’un effacement presque complet de l’Eglise : ce serait cette fois la victoire définitive des cohortes d’avocats rusés que se sont donnés les marchands quand, à l’orée du XVIIIème siècle, ils ont senti que les possibilités de la matière, ce qu’ils ont appelé « progrès » leur donnaient une chance de prendre possession du monde. C’est presque fait ; sous nos yeux.
 Ce serait, vingt siècles après leur naissance presque simultanée, outre la mort de l’Eglise, la deuxième mort de l’Empire Romain. Quand ses fondements, le dépassement de soi, le courage, la règle, l’honneur, la foi, sont à ce point minés par des valeurs toutes autres, la jouissance, le plaisir, le caprice dénommé liberté, c’est un monde deux fois millénaires qui bascule dans le vide. Vers quoi plongeons-nous ?      
           

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