Jeudi 3 mars deux mil onze- Promenades avec ma mère; calendrier européen suite…

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Raccompagné ma mère tout à l'heure à la gare de Poitiers; nous étions l'un et l'autre, je crois, fort content sde ce séjour. Avec ma mère, j'aime beaucoup faire des promenades; elle a une sorte de don pour les sites, le don de l'heure propice, de l'observation, de la conversation -et même celui de la rencontre, telle l'étonnante rencontre, l'autre jour, avec le gardien du beau château de B. qui est fort disert et que nous sommes allés voir deux fois, pour des conversations inattendues (il est Belge, de Liège), parmi ses chiens et ses volailles, sous un petit soleil d'après-midi. Ce furent de beaux jours.

Adhonc, pour en revenir à cette affaire de calendrier "européen", je trouve que Chantal Delsol va droit à l'essentiel quand elle se demande, dans un bel article de Valeurs Actuelles (27-01-2011), ce que traduit "le silence absolu" qu'impose le fameux calendrier à toute référence chrétienne. "L'agenda tient pour rien la culture instauratrice et nourricière, écrit-elle. Cela s’appelle du négationnisme"; et de rappeler comment le juriste Raphaël Lemkin décrit le processus d’éradication d’une culture par le déni et la substitution. « On tait les éléments d’une culture pour les remplacer par ceux d’une autre. On n'extirpe pas par la violence, mais on les supplante. C’est bien ce qui se passe ici ».

On rétorquera que les droits de l’homme et la démocratie constituent  le "supplément d’âme" de la Nouvelle Europe. Hélas, en niant les peuples, l'UE ne peut pas ne pas nier la démocratie, qui fait procéder tout kratos d'un demos, ici inexistant, et l'on ne s'étonne plus du peu de cas qu'ont fait les oligarchies bruxelloises des Non français puis néerlandais et irlandais, sans compter les pays où les sondages laissaient penser que des référendums eussent récolté les mêmes résultats négatifs. Déni de démocratie qui se retrouve pour la quasi totalité des décisions bruxelloises, et notamment celle qui accoucha du fameux calendrier. Ici aussi Delsol  vise juste en écrivant que « le citoyen est celui qui peut demander des comptes (…) mais l’UE ne s'est pas donnée des citoyens mais des sujets puisque ses responsables sont inconnus, anonymes et sans visage. ».  Et de conclure que "le premier adversaire du christianisme n'est pas un certain Islam, mais, d'abord, les instances de l'Union européenne".

Déni des sources chrétiennes, déni de la démocratie : les deux vont  de pair, tant il est vrai que la démocratie comme les droits de l’homme ne font que procéder de la conception chrétienne de l’homme, à commencer par ce principe d’égalité sur lequel Jésus et ses apôtres fondèrent notre Eglise. En réalité, l'entreprise bruxelloise a bien un projet, normaliser les économies et les politiques aux fins de tout plier aux règles d'une mondialisation marchande, contredisant ainsi à angle droit non seulement la doctrine économique et sociale de l'Eglise, mais la conception chrétienne de l'Homme, dont ce fut l'œuvre historique de la chrétienté que de l'arracher à sa seule dimension économique. Ce n'est pas pour rien que le peuple nouveau que Bruxelles veut créer de toutes pièces, ce populus économicus qu'elle veut seul connaître, a pour socles principaux un "marché unique", et une monnaie unique, cet euro donné comme la grande réussite de l'entreprise. De même est-il significatif que les effigies des pièces et billets en euro se limitent à des bouts de bâtiments anonymes, des cartes sans frontières, sans relief et sans nom, et même des ponts suspendus, grinçantes figures de ce vide à quoi glisse toute entreprise humaine quand elle se borne à l'administration des choses, et la détache obstinément de tout principe spirituel. Mais nous savons avec Jean-Paul II que « les nations sont les grandes éducatrices des peuples », et savons conséquemment que supprimer les nations revient toujours à supprimer la position verticale, glisser à la décivilisation et tôt ou tard la barbarie…

Publié dans Extraits du journal

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