Jeudi 27 mai 2010 ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Au mois de mai 1968, mon cher beau-père, privé d'essence mais contraint nonobstant de "faire ses domiciles" a fait l'emplette d'une bicyclette, sortie des manufactures de Saint Etienne, et dénommée "hirondelle" : haute, raide, noire, munie d'un rétro-pédalage luxueux, elle avait fière allure. Mais la pauvre hirondelle fut laissée de coté des années durant et commença de rouiller… Mais voilà que,  je ne sais comment, j'en ai finalement hérité lorsque nous nous sommes installés au Fournay vers l'an 2000. Il fallait la faire réparer, je ne le fis pas, et l'ai laissée dans un coin, où elle dépérit encore.  Pourtant, elle fit partie du déménagement pour Mirebeau en 2002 (assez déraisonnablement, selon les critères de l'époque, qui l'eussent condamnée à mort), et, un beau jour de 2007, j'eus l'idée de regonfler bonnement ses pneus. Incroyable, il n'en fallait pas plus pour lui redonner, sinon tout à fait sa jeunesse, du moins quelques ailes. Lourdes ailes, et grinçantes, mais je l'aime ainsi, hautaine et décatie. J'ai fait depuis lors grâce à elle de merveilleuses promenades dans les alentours de Mirebeau -tout à l'heure, vers le Verger-Gazeau et Seuilly, l'hirondelle de mai 68 voleta gentiment entre les vignes fraîches, sous le dernier soleil couchant… Me suis ensuite un peu perdu vers Archigny, m'abritant d'une courte averse dans un bois, dédaignant de faire demi-tour, poursuivant au jugé, dans le soir tombant -sans feux, bien entendu. Finalement, j'ai débouché sur une grand route, du côté de Lencloître. Retour douloureux, face au vent -et de rudes petites côtes. Fourbu, au retour, je retrace mes chemins route sur la carte locale : j'ai roulé entre 22 et 25 kilomètres…

 

Retrouvé en chemin tant de souvenir de ma vie : le Caire, je ne sais pourquoi; New-York, d'où m'est revenu un visage, qui est l'un de mes plus courts et plus beaux souvenirs. Toute réminiscence est charmante.

 

 

Publié dans Extraits du journal

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