Jeudi 25 novembre. Sur les armées privées. Le jardin d'hiver.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Le souci guette toujours, il est dit qu’il ne se passerait pas une journée sans une nouvelle effrayante. Tel aujourd’hui, la prolifération de ce que l’on appelle désormais sans fard les armées privées. Sous l’ère Bush, elles furent très souvent utilisées pour suppléer ou pour compléter les armées états-uniennes, notamment pour les basses besognes comme il s’est vu beaucoup en Afrique mais aussi en Irak et aujourd’hui en Afghanistan. Pour camoufler la chose ce n’est pas le Pentagone qui passe des contrats mais la plus opaque CIA. C’est ainsi que le budget que l’Agence consacre chaque année à la rémunération des personnels toutes catégories confondues (agents permanents, contractuels et contrats conclus avec lesdites armées privées) est passé sous la présidence Bush de 17 (année 2000) à 82 milliards de dollars (année 2008). Ce presque quintuplement fondé en particulier sur la « guerre au terrorisme » décrétée après le 11 septembre est d’autant plus effrayant que les agissements de ces mercenaires sont dépourvus de tout contrôle, qu’un nombre croissant d’Etats y recourent et qu’elles deviennent de véritables puissances guerrières détachées de tout cadre politique n’ayant pour but que de faire la guerre pour la guerre et prolongeant même les hostilités comme tout commerçant  prend soin d’étendre sans fin le marché. Une de ces armées privées, la Black Water ("eau noire") compte pas moins de 25.000 permanents, auxquels s’ajoutent des contractuels temporaires c’est-à-dire des mercenaires recrutés pour tel ou tel théâtre d’opération ; dirigée par un certain Prince, c’est une véritable puissance et le sera plus encore si ses moyens considérables lui permettent d’acheter des armes de destruction massive, bactériologiques ou chimiques.

Je regarde le jardin recroquevillé dans l'hiver , en songeant aussi à cet autre hiver dans lequel nous entrons, une sorte d’ensauvagement du monde dont je crois bien maintenant que rien ne l’arrêtera.

Publié dans Extraits du journal

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