Jeudi 24 juin. 2010 ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Au fond, il n'existe qu'une seule opposition véritable au "Système" : la vie stoïcienne. Rien ne conteste mieux ce monde qu'une volonté concentrée, obstinée, d'échapper à l'universel impératif de jouissance. Il faut alors résister à chaque instant: aux tentations d'abord, servies par les machines comme elles ne l'ont jamais été dans l'histoire, et plongeant les hommes dans l'infernal encerclement du désir et de la frustration; mais aussi au réflexe progressiste, presqu'inné dans nos générations, aussi trempé que trompeur : se répéter que chaque jour sera pour soi et pour ses contemporains plus sombre que le précédent ; ne plus vouloir de la vie que ce qu'elle offre, et n'en jouir que peu -par le regard, les mots, la pensée, rien de plus. Résister a toujours un sens, mais formidablement déplacé : résister aux mirages de la marchandise et du progrès, cette lutte n'est certes pas moins âpre que la résistance militaire - et d'ailleurs, la résistance stoïcienne est aussi une résistance militaire…

Publié dans Extraits du journal

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