Dimanche 9 mai; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

En mars, quand je crus l'hiver achevé, j'ai dû me résoudre à déplanter le petit olivier que nous avions l'été dernier planté en pleine terre : si sec, si dépouillé, si misérable que tout portait à croire que l'hiver si long et si rigoureux, les longs jours de neige, la tempête, avaient eu raison d'un arbre qui n'est pas tout à fait de ces contrées. Je l'ai donc posé près de la porte, avec sa grosse touffe de terre et de racines, dans l'attente de l'expédier à la déchetterie. Mais Palmyre m'a fait observer  in extremis, que j'allais vite en besogne, que ses oliviers paraissaient en aussi mauvais état à la sortie de chaque hiver, mais finissent par "revenir". Je l'ai donc replanté, sans trop y croire. Et voilà que, tout à l'heure, j'aperçois sur ses plus basses branches trois pousses !!! L'olivier n'est pas lors, en dépit des apparences –il hibernait. Et ainsi de la France : c'est exactement ce que je dis à Debray, qui confond les apparences, ou la réalité, avec la vérité –il faut dire qu'il n'est pas jardinier, je présume.

 

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Quinze heures. Grand tralala hier, dans l'empyrée européenne : les marchés furent si catastrophiques jeudi et vendredi que tout le monde est sur les dents. D'un même mouvement, il faut sauver les bourses, sauver l'euro, sauver l'Europe ! Ils vont sortir quelque trouvaille de leur chapeau  ( apparemment, un paquet de centaines de milliards supplémentaires, et roulez jeunesse ) ;  on attendra demain "le jugement des marchés"… Finis les dimanches électoraux, quand le peuple s'exprimait; c'est désormais le lundi que tout se passe, et les marchés qu'il faut contenter. Attendons donc "le jugement des marchés" –cela me fait penser à je ne sais plus quel collègue belge me disant peu après le Non français du 29 mai 2005 : "Le non français n'a pas grande d'importance, il faudra bien que nous fassions sans; mais, en attendant, vous allez inquiéter les marchés…"

 

Quand nous déciderons-nous à sortir de cette UE là ? Quand les souverainistes se mobiliseront-ils enfin pour imposer, dans les esprits du moins, cette évidence : on sort ! 

Publié dans Extraits du journal

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