Dimanche 6 mars deux mil onze. Primat de la démographie; la révolution démographique arabe.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Mirebeau sous le soleil, quand le premier Printemps vient installer peu à peu ses lumières sur les choses et doucement, une à une, les change.

Les révolutions se poursuivent dans les pays arabes; elles sont décrites comme des révolutions politiques, des révolutions de la liberté, des révolutions des droits de l'homme, du jasmin, etc… et comme telles abondamment louangées. J'y verrais plutôt les signes fort prévisibles de révolutions démographiques; un retour à la situation qu'a connue l'Antiquité très tardive, vers les VIIè et VIIIème siècle, quand la population européenne diminuait tandis qu'éclatait de l'autre coté de la Méditerranée la révolution arabe, qui fut surtout une formidable expansion démographique et territoriale -c'est alors qu'apparut d'ailleurs le fameux mot Europe, qui désignait l'ensemble de peuples de la rive Nord, par opposition à ceux de la rive Sud, mot qui ressortait en somme, soit dit en passant, à la rhétorique du choc des cultures.

Ici, je crois que la démographie commande. Mais qui le voit et le dit ? Il est curieux comme les données démographiques sont à la fois décisives et tenues pour odieuses, au point que les commentateurs ne les évoquent à peu près jamais. Comme parlent les moindres données chiffrées, pourtant ! Par exemple la planète comptait, du temps de Jésus- Christ entre 160 et 190 millions d'habitants -en gros, l'actuelle population de la France, de l'Italie de l'Espagne et du Portugal, qui serait répandue sur les cinq continents : donnée propice à la relative mondialisation du christianisme, en tous les cas à une sorte d'unification du monde méditerranéen autour de lui.

Autre donnée parlante : l'Allemagne perd 210 000 habitants chaque année (hors immigration), tandis que l'Ethiopie en gagne plus de deux millions (3,2 millions de naissances, 1,1 million de décès), en sorte que l'Allemagne, qui compte aujourd'hui entre 76 et 78 millions d'habitants, soit un peu plus que l'Ethiopie, en comptera peut-être 70 millions dans 30 ans, et l'Ethiopie entre 160 et 180 millions.

Ou encore : en 1960, l'Europe (Russie incluse) comptait 600 millions d'habitants, l'Afrique 220 millions, l'Asie 1,6 milliard; dans trente ans, ces chiffres seront respectivement 540 à 580 pour l'Europe, mais 1,8 milliards pour l'Afrique (près de trois fois moins hier, trois fois plus demain..). C'est évidemment un tout autre monde; quelle politique pourrait se concevoir qui ne tiendrait pas compte de ces données ?

Publié dans Extraits du journal

Commenter cet article