Dimanche 30 janvier de l'an de disgrâce deux mil onze. Rabat. Vivre à Rabat.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

La pluie persiste, et de même le petit vent mauvais qui s'insinue partout par les fenêtres et sous les portes de ces maisons mal isolées, si bien faites pour la chaleur et si peu pour le froid. Dîner devant la cheminée, qui est efficace. Péroncel-Hugoz, que nous appelons maintenant Hugoz, a lu dans la presse marocaine qu'il n'a jamais fait aussi froid depuis trente ans -pour qui vit ici, parler et lire l'arabe change tout.


Très bonne atmosphère pour écrire la Belgique; mais je n'écris pas la Belgique. Mon esprit est accaparé par la pensée du Maroc, par l'idée d'y vivre (du moins d'y louer un petit studio, pour venir ici régulièrement), par l'évolution et l'avenir de ce pays, par les relations que la France a et aura avec lui, finalement, à travers la France et le Maroc, par les relations méditerranéennes, lancinante question que j'avais choisie, il y a trente ans, pour sujet de thèse -thèse laissée de côté, comme toujours, pour l'ENA et la politique. Ah, comme j'eusse aimé être professeur !


D'ailleurs, ici, avec ces quatre merveilleux enfants, la fibre pédagogique se donne à plein. Lecture rituelle à haute voix, après dîner, d'un livre que j'ai apporté sans trop savoir s'il intéresserait : les vies des saints apôtres, écrites et commentées par Benoît XVI. Il faut certes apporter en chemin des explications et éclairages, mais ces lectures à tour de rôle ont du succès.

Publié dans Extraits du journal

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