Dimanche 3 janvier ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Dans la série des accablements, je viens de tomber sur une vidéo montrant le Président de la république décorant de la Légion d’Honneur, dans le grand salon de l’Elysée, un certain personnage du chobise, Farugia dont le principal mérité est  d’avoir animé une émission de Canal +, sur laquelle ledit Président de la république ne tarit pas d’éloges, le principal éloge adressé à son récipiendaire étant d’être son ami – ceci prononcé d’ailleurs sur le ton rigolard de copains en goguette. Je ne sais pourquoi, j’ai pensé, en regardant cette séquence à la scène du Viridiana  de Bunuel, où l’on voit les domestiques prendre possession  d’un château dont ont été chassés les propriétaires, s’amusant avec les couverts en argent, se taillant eds robes dans les rideaux, vidant les caves et festoyant d’abondance. Le principal reproche, il y en a certes d’autres, que l’on puisse adresser à M. Sarkozy est bien ici : dans l’ordre de la dignité.

Pour en revenir à la « certaine Idée de la France » qui est bien le pivot de toute réflexion sur notre avenir, il est évident que le Général en a fait une sorte de matrice, qu’il n’a pas définie en ce que, en son temps, elle allait en somme de soi, répondant à cet « idéalisme qui est depuis l’origine des temps, explique-t-il devant l’Assemblée consultative le 22 novembre 44, comme il le dit  navrant qu’aucun des innombrables exégètes de la seconde nature de la France, qui fut et demeure le trait principal de sa figure, et l’élément essentiel de son influence ». Mais il est navrant que, depuis sa mort, aucun des exégètes pourtant si nombreux,  de la vie et de l’œuvre du Général (excepterais-je tout de même Michel Cazenave,  Olivier Germain-Thomas, Philippe de Saint Robert ?), n’ai tenté de lui donner un peu plus de contenu – je fus le premier, je crois bien, à le tenter, de manière systématique, ou théorique, en me référant à la notion platonicienne de l’Idée, restant sans doute bien trop théorique, alors que l’Idée doit avoir un sens, et surtout une portée politique. N’est-il pas temps de chercher à préciser la fameuse Idée au regard des grandes interrogations qui assaillent le monde du XXIème siècle, et de répondre ainsi à ceux qui reprochent aux derniers fidèles de n’avoir, par leur trop grande intransigeance, et leur trop grand pessimisme, rien à proposer pour la France du XXIème siècle ? Que dit-elle sur les grandes menaces du temps, qu’ont à dire de Gaulle, et la France, en quoi la certaine Idée leur répond-elle ?
               

Publié dans Extraits du journal

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